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Walter Benjamin, l’Aura et la reproduction de l’œuvre . Mass Media 2/9

Dans la lignée de mon article introductif, je commence ma série d’article autour des « Mass Médias » en parlant du penseur vu en premier, Walter Benjamin.

De son nom complet ‘Walter Bendix Schönflies Benjamin’, c’est un penseur Allemand, philosophe et critique littéraire et d’art, qui est rattaché à la pensée de l’école de Francfort. Il théorisera autour de l’histoire, et de son propre siècle. Très lié à l’art et à la littérature par l’école de Francfort, il est notamment le traducteur en allemand de Baudelaire et Proust.

L’œuvre de son cru qui nous intéressera est « L’art à l’époque de la reproductibilité technique ». Par rapport à la notion de perte de sens que j’avais évoquée, Benjamin parle lui du concept « D’Aura » d’une œuvre, Aura qui est un ensemble d’éléments se rattachant à une œuvre, comme sa location, son unicité, sa beauté, son auteur, éléments créant une rareté et une valeur à l’œuvre, son aura. Un exemple peut être pris avec « La Joconde », œuvre qui est mondialement connue. Cette œuvre est localisée à Paris, au musée du Louvre, faite par Leonardo Da Vinci, à une beauté, un esthétique reconnue, et est unique. Walter benjamin s’interroge sur la reproductibilité des œuvres de son temps, telle que la « fontaine » de Marcel Duchamp, œuvre reproduite 14 fois, présente à plusieurs endroits, et dont l’original est perdu.

Un rapprochement de cette question se crée avec le cinéma, et les « Produits » (œuvres, qui ont un marketing associé à leur nom, et une culture particulière liée aux mass medias) audio-visuels. L’avènement d’internet, avec lui le partage, l’accès à l’information et à tout produit numérisable instantanément ou presque, implique le fait que les œuvres crées aujourd’hui, et les anciennes œuvres crées soient reproduites. Dès l’arrivée des VHS (si, ces petites cassettes noires de notre enfance !), la reproductibilité des films a été possible, car avant, outre les copies pour les cinémas, peu de reproductibilité était possible, par rapport aux contenus trouvables sur internet aujourd’hui.

Quelle est l’aura d’une œuvre audio-visuelle aujourd’hui ? Son prix est celui de sa copie, sa valeur cinématographique. L’aura tient plutôt aujourd’hui de la réputation du film que de son unicité et de la difficulté d’y accéder.

Sources : https://en.wikipedia.org/wiki/Walter_Benjamin

Mr. Marketing se croit tout permis !

Comment créer une relation entre le consommateur et le vendeur afin d’optimiser les ventes à long-terme ?

C’est la question que se pose Mr. Capitalisme, qui souhaiterait augmenter ses apports et ses rendements.

Petites explications autour des démarches de diffusion marketing :

De manière populaire, la culture des entreprises, c’est-à-dire leurs démarches et productions, se répand communément dans la foule grâce au marketing physique (les magasins, les prospectus, les cartes de fidélité, etc.…), c’est une pratique avérée ancestrale que l’on voit tous les jours.

Sur internet, en revanche le marketing est immatériel et se propage par le biais de fichiers informatiques (photos, vidéos, texte). La publicité passe par les réseaux-sociaux (Facebook, etc…), par les sites internet informatifs (Konbini, Le Monde, etc…), par les plateformes de contenu vidéo (YouTube, Viméo, etc…), et enfin par les sites officiels sur les boutiques en ligne. Toutes ces communications étant potentialisées grâce aux systèmes de sauvegarde de données d’internet qui permettent de mieux cibler les produits en fonction des consommateurs référencés.

Mais pour nouer une relation producteur-consommateur, il est nécessaire d’obtenir un contact individualisé à long terme, comme dans les relations humaines. Les mails répondent à cette attente et constituent un moyen de marketing qui illustre parfaitement la notion de culture de masse.

La masse correspond à un ensemble d’individualité qui ne partage pas les mêmes préférences. C’est un agglomérat global d’individus potentiellement consommateurs considérés en dehors de leur appartenance professionnelle ou sociale. Dans l’idée du marketing, la culture de masse va chercher à obtenir le plaisir du public pour attirer à la consommation tout en prenant en considération son hétérogénéité.

Les mails permettent d’envoyer à une masse d’individus des informations individualisées selon des algorithmes travaillés pour que la communication ait un impact sur la vie privé du consommateur. On appelle cela le Marketing de Permission, c’est-à-dire que le consommateur et le producteur vont se lier dans une relation purement commerciale qui profite aux deux parties.

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Cette relation est artificielle car les mails envoyés par l’entreprise sont issus d’algorithmes mathématiques. Seulement le contenu de ces mails tend à montrer une certaine part d’humanité afin de saisir l’attention du consommateur. Les formules de politesse utilisées permettent de faire comme si une réelle interaction avait lieu et il arrive même parfois que des inexpérimentés d’internet répondent à ces mails pourtant diffusés en masse !

Cela reflète l’intérêt de la culture de masse, à opposer avec la culture populaire.

Seth Godin est un entrepreneur américain né en 1960 qui a travaillé de manière théorique sur le marketing et qui a notamment popularisé cette notion de marketing par permission.

 

“Before a marketer can build trust, it must breed familiarity. But there’s no familiarity without awareness. And awareness—the science of letting people know you exist and getting them to understand your message—can’t happen effectively in today’s environment without advertising.” 
― Seth Godin.

 

Sources et références :

Wikipédia. https://fr.wikipedia.org/wiki/Marketing_par_courriel

Godin, S. (1999). Permission Marketing: turning Strangers into Friends and Friends into Customers. 

Condamnation de la télévision par Guy DEBORD

g_Cote13Court12aDebordNous retrouvons dans notre société une médiatisation de nos rapport sociaux et nous sommes comme spectateur de nos propres vies et de ce qui nous entour. Guy DEBORD est une figure française qui dénonce la société post-industrielle et capitaliste ; en effet il a écrit un livre « la société du spectacle », dans lequel il dénonce cette société qui nous fait passé « d’être » à « avoir et paraître ». Le principal média qui plonge la société dans cette ère post-industrielle est la télévision ; en effet ce média est utiliser pour diffuser des informations sur les événements qui se produisent autour de nous, on retrouve à travers, une médiatisation de la vie de la société et c’est un des critères qui poussent les individus à se donner une image, à changer leurs opinions et leur choix en fonction des valeurs que la société tentent de mettre en place. Mais on retrouve également les publicités ou émissions pour soutenir la société de consommation, c’est un critère qui pousse les individus qui composent la société de se référer à des produits et finalement à se coller à l’image de ce qu’il voient, ont retrouve ainsi une manipulation de l’individu et de ses choix.

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Guy DEBORD parle d’une volonté de crypter la pensée, il dénonce et rejette totalement la volonté de la société de transformer les individus en spectateur de leur propre vie. Il rejoint la pensée de Marx sur la structure en dénonçant l’activité humaine comme un moyen de produire matériellement la solution à des besoin créer de toute pièce par la société de consommation ; Marx dénonce aussi comme Guy DEBORD la société où les individus deviennent étranger à eux-même car ils sont guider par la société et prennent l’image que l’on leur fait passer et pas leur propre image réelle.

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Guy DEBORD cherche à désaveugler la société de son époque, en effet il aimerait faire passer se massage que la société n’est qu’une manipulation constante de nos idées et de notre consommation. Cette manipulation de la société est finalement diriger et contrôler en grande partie par les médias qui permettent de transmettre des information ou de pousser les individus à créer des besoins ou a changer leur idées. Finalement la télévision est le média le plus utiliser pour cette manipulation mais pas le seul, internet est un autre média qui touche énormément tout les individus de tout les ages.

En conclusion les médias permettent le développement quotidien de la société post-industrielle et Guy DEBORD est l’une des figures qui tentent de montrer cette manipulation des individus et de lutter contre cette influence sociétale.

La société de consommation sous la critique de Marcuse

Aujourd’hui la consommation des biens et services de la société sont contrôler par les médias de masse, en effet il y a une grande influence des médias dans nos consommation en fonction de notre mode de vie et de penser ; ils vont jouer sur nos habitudes pour créer de faux besoins qui nous semble à nous nécessaire.

marcuse_1Herbert MARCUSE à identifier le problème, il en a déduit que la société cherche une maîtrise des besoins, en effet la société crée des faux besoins en uniformisant les pensées et modes de vie. C’est pour lui ces faux besoin qui fait marcher l’économie. On retrouve comme exemple de ces médias qui rendent la consommation de biens faussement nécessaires, la publicité qui est l’élément majeur de cette propagande de consommation. Elle utilise les produits du quotidien pour toucher le besoin naturel en le manipulant pour l’exagérer ; la publicité est un moyen de partager et d’idéaliser un produit, elle a tout d’abord été utilisé pour présenter des produits alimentaires puis utilisé pour présenter d’autres types de produits notamment matériel ou pour le soins quotidien. Marcuse dénonce cette propagande de faux besoins pour justifier le travail et notamment les métiers difficiles ; en effet ils nous poussent à travailler toujours plus c’est à dire au delà de ce que nous avons besoins. La publicité est un moyen pour les entreprises de faire rêver les consommateurs avec des produits qui devraient améliorer leur quotidien, apporter du bonheur, permettre d’être encore plus inclus dans la société etc. Seulement ces publicité crée une nécessités qui n’est pas réelle, en effet les entreprises créent des produits utilitaires qui non aucune utilité réelles car ils sont là pour nous divertir et nous poster dans une position de confort créer par la société. Pour Herbert MARCUSE il faut changer cette société unidimensionnelle et accepter les risques, la menace de perte de confort et si l’on continue dans cette sur consommation nous continuerons de vivre dans le bonheur triste.

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Nous retrouvons également l’intelligence internet qui est permet au réseaux de publicités d’identifier nos consommation récentes et de nous proposer de nouveaux produits afin de créer une nouvelle envie qui peut par la suite se transformer en besoins. Chaque publicités sur internet sont calculées afin de proposer des produits qui sont sensiblement des produits qui nous intéressent chacun personnellement afin de toucher le plus grand public possible. La société de nos jour est entraînée par la consommation de biens et services qui poussent la machine économique et nous poussent à travailler toujours plus pour nous acheter un plaisir matériel mais irréel. En effet nous achetons des biens matériels ou immatériels et des services pour combler nos besoins, nos désirs, seulement ils ne sont pas réellement des besoins et désirw car ils ne sont pas naturel, c’est la société de consommation qui les créent, ils n’existent finalement pas réellement. 

« Bienvenue dans le monde d’Oz: la plateforme communautaire d’internet »

Répondant aux besoins d’une société de consommation, internet a vu émerger un processus répondant à trois étapes :

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  • le partage d’informations
  • le commerce
  • l’alliance des deux, c’est la consommation collaborative

Reposant sur une démarche sociale et anonyme du à un internet, cette économie semble délicate à mettre en place. Comment faire confiance à un inconnu? L’e-Réputation. Il s’agit maintenant de créer une image virtuelle de soi digne de confiance afin de profiter du système.

Notre image peut être soumise aux notes d’autres internautes, elle va tenter de façonner le plus justement possible notre personnalité avec nos compétences. Cet état de fait prend écho dans les écrits du penseur canadien, Marshall McLuhan. Il développe sa thèse sur le déterminisme technologique, dans laquelle les médias nous renseigneraient sur l’homme social en ce qu’ils contribuent à le déterminer.

summer-wars-030-1777x1000Dans Summer Wars réalisé par Mamoru Hosoda en 2009, on retrouve cette question de l’e-réputation et de la valeur sociale. N’importe quelle entreprise ou personne peut créer un compte sur Oz, un espace communautaire virtuel. Par ce biais, on peut réaliser des manipulations à l’échelle de notre statut social, comme par exemple lancer un missile pour le président.

Selon McLuhan, l’impact des médias se mesure à la fois à l’échelle collective et individuelle en ce qu’ils influent sur le plan historique, culturel et personnel. Summer Wars raconte l’histoire d’une famille pourtant ordinaire qui est composée majoritairement de membres unis mais aussi bien de personne marginale comme Ikezawa Kazuma. Historiquement et culturellement parlant, les nouvelles oz-summer-wars-clantechnologies sont ancrées dans le quotidien de chaque génération, elles servent dans différents domaines tels que la sécurité, le transport et la santé. Ces dernières servent donc d’outils indispensables au fonctionnement de la société en générale mais elles agissent aussi au niveau de l’individu en lui même. L’avatar King Kazma, a permis l’épanouissement de son propriétaire en lui redonnant confiance. Ce médium permet alors de ramener dans le clan, le membre de la famille anciennement isolé.

McLuhan s’interroge aussi sur le comportement et les réactions des gens face aux nouveaux médias. Il va s’intéresser à l’étude des effets de masse sur l’homme. Il en déduit que nos techniques de communication influenceraient sur nos modes de connaissance et de perception.

On se rend compte lors du piratage d’Oz que les médias utilisent des raccourcis conduisant à une fausse information. Le héros, Kenji se retrouve arrêté alors qu’il est innocent. La communication à grande échelle engendre une fausse réalité qui repose sur une fausse connaissance car toutes les données sont rapidement collectées et non vérifiées. 

La perception que nous avons de l’information est donc bien erronée car elle ne correspond pas à la réalité ou du moins à ce qui est vrai. Ce problème de rapport, au réel/virtuel et vrai/faux provoque une perception des informations qui n’est pas clair. Cette incompréhension qui divise semble à l’image de la famille qui se brise.

 

Internet et le déterminisme technologique

Marshall Mc Luhan (1911-1980) est un penseur Canadien très atypique de part son parcours très clivé et son style lyrique et excessif.  Cet intellectuel à la pensée visionnaire va marquer de manière durable le champ des études des médias de masse grâce à ses deux ouvrages majeurs La Galaxie Gutenberg (1962)  et Pour comprendre les Médias (1964). Marshall McLuhan est aussi à l’origine d’un courant de pensée qu’est le déterminisme technologique.

C’est un concept selon lequel les avancées technologiques se font indépendamment de la société et que ces avancées techniques inspirent l’évolution sociologique, donc sculptent la société.

Pour mieux comprendre ce concept prenons l’exemple des téléphones portables, cet objet ne répond pas aux besoins de la société. Avant sa création l’objet n’était pas utile, le besoin se créer en même temps que la technologie évolue. C’est la technique qui créée le désir des citoyens.

On va maintenant prendre l’exemple d’internet pour comprendre l’impact de cette avancée technique sur notre société.

Internet issu d’un mélange d’outil télé-communicationnel est une plateforme numérisée  offrant des services satisfaisant nombre de besoins des utilisateurs. Il a connu  une évolution exponentielle depuis sa création. Cette nouvelle technologie a fortement impacté nos relations entre individus en catalysant nos dynamiques communicationnelles et en créant de nouveaux moyens de transmission et de partage.

On conclut qu’internet a modifié notre société notamment sur le plan relationnel et qu’il est effectivement judicieux de dire que ce sont les avancées techniques qui façonnent notre société et non pas l’inverse.

Les médias de masse, de l’avènement d’Hitler à aujourd’hui

Dans les années 30 la propagande politique était un des secteurs dans lequel la diffusion de masse avait son intérêt. Les moyens de communication de l’époque n’étaient pas tous favorables à une vaste diffusion, dixit le téléphone. En revanche, la radiodiffusion en plein essor depuis plusieurs années touchait déjà une grande partie de la population. Depuis toujours l’image quant à elle, véhiculée par l’affichage déjà bien ancré dans les mœurs de l’époque, a permis de toucher un maximum de gens. La modernité affirma le cinéma, le rendant accessible dans un premier temps, à un nombre intéressant de personnes, lui permettant ainsi de rentrer dans le top 3 des médias favoris de l’époque. Grâce à ces trois principaux médias, le nazisme a eût la possibilité de prendre une ampleur très rapide et massive.

A cette époque la façon de filmer que je considère d’une mode lente et la vitesse de transmission de l’information également très lente (un film doit être envoyé à son destinataire par moyens de transports divers), à cette époque le conscient des individus est pleinement visé à l’instar de leur subconscient (images statiques et plans fixes suivant un rythme lent laissant place à la réflexion).

Très vite tout s’est accéléré. En effet dès les années 1950/60, d’abords aux États-Unis, le son jusque là véhiculé par la radio a été supplanté par la télévision, amenant ainsi l’image et le son simultanément à une vitesse radiophonique. Là encore la mode et la politique en ont largement profité.

Tout ne s’arrêta pas là, car dès les années 1980 le téléphone vint jouer les trublions avec le minitel. C’est une vraie révolution car on accède enfin à l’interactivité.

Dès le début des années 1990 l’apparition d’internet fut très vite la symbiose du minitel, de la télévision, du cinéma et de la radio. Son développement a permit d’atteindre des vitesses de communication toujours plus grandes, ce qui en fait aujourd’hui le média de masse le plus populaire au monde. sa rapidité toujours plus croissante permet aujourd’hui grâce à des images furtives (on parle de millisecondes) de toucher non plus le conscient mais l’inconscient des individus. Là encore c’est une véritable révolution qui concerne pleinement le phénomène de masse où la rapidité fulgurante du partage de l’information prend tout son sens.

Entretien avec Lucien Virag, comme un bilan sur les études médiatiques.

Certains élèves de la formation ont eu la chance de croiser Lucien Virag, penseur quasi-anonyme, mais unanimement reconnu comme un auteur révolutionnaire. Cet émigré Hongrois, qui réside aujourd’hui à Lyon, s’applique à déconstruire avec fougue cette ère de l’internet, du mass-média. Il fût l’auteur d’un livre prémonitoire, malheureusement très peu connu, L’Aube du Réseau, aux Éditions Ousia (1979), dans lequel il faisait état de l’obsolescence des études linguistique face à l’avènement d’un monde du texte sans la pensée.

J’ai pu obtenir un court échange avec lui, ce qui explique le retard dans la publication de cet article. Virag a pourtant l’habitude de se refuser à utiliser les réseaux sociaux, ou d’avoir une quelconque existence à travers un ordinateur, il s’agit donc d’un genre d’exclusivité, profitez en, chers lecteurs.

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Lucien Virag dans son appartement lyonnais, prenant une pause avec second degré.


Bonjour monsieur Virag, je suis étudiant en Communication et Création Numérique, à l’Institut Marc Perrot, et les auteurs de linguistique et de sémiologie sont au cœur du programme de ce premier semestre. Quelle réaction à cela ?

*rire* Eh oui, oui. Il est tout à fait normal et concevable que ces études soient nécessaire à un tel cursus, vous qui allez vous donné corps et âmes dans un travail numérique et, il faut bien le dire, de manipulation. Vous êtes sur le deuxième plan, celui où vous avez besoin d’avoir conscience de votre langage pour mieux le tourner, et lui donner. Votre public, qui n’a jamais étudié ces fonctionnements du langage, reste dans un plan premier, primaire, il se contente de l’outil qui lui ai proposé, ce qui le rend si malléable.

Ma réaction est que vous découvrez là un outil utile et dangereux ; la conscience de sa propre langue est, entre de mauvaises mains, un fléau.

Rassurez vous, j’étudie ça plus par ambition créative que par inspiration machiavélique. Dans votre livre, vous parlez d’un 3ème plan dans L’Aube du Réseau, décrivez le moi.

Vous savez ce qui est plus fort que la conscience du langage ?

Dites le moi.

La conscience des consciences du langage : vous savez que l’homme a réfléchi sur lui et sur ses outils essentiels, substantiels même. De ce constat, vous pouvez tirer une étude très poussée, des conclusions magistrales ! L’Homme théorise ses signes en utilisant ces mêmes signes… il se plonge dans une abysse terrible, terrible oui ! Si je claque des doigts *il le fait*, et que j’utilise un claquement de doigts pour décrire mon même geste, je circule, je tourne, autour d’un sujet sans jamais atteindre sa fondamentale. Je peux re-claquer avec une précision et une lenteur extrême de manière à ce que la technique du premier claquement, celui-ci naturel, soit totalement dévoilé. Celui qui m’a observé saura alors claqué des doigts avec contrôle et maîtrise. Mais saura t’il pourquoi il claque des doigts ? Non ! Aura t’il idée des raisons qui le pousse à utiliser le claquement de doigts à tel ou tel moment ? Non plus. C’est passionnant non ? Cette maîtrise de la technique, bloquée dans un circuit, sans jamais pouvoir sortir de la route.

Je pense commencer à comprendre… Être au troisième plan, c’est étudier les premiers et deuxièmes plans avec une vision d’ensemble, pour voir quels sont les finalités de ces études, et de ces usages ?

Précisément ! Les méta-sciences ont cela de beau qu’elles touchent à l’essence des essences. Et, comme il apparaît à la césure de l’atome, les découvertes libèrent une formidable quantité d’énergie, qui nourrit l’intellect et son cosmos. J’éprouve une jouissance intellectuelle extrême à chaque fois que je dévoile un nouveau pan de mes études, mais j’ai bien conscience que ma science n’attirera jamais ni les écoles ni les foules. Vous savez pourquoi, vous qui étudiez déjà le second plan ?

Je vous serais gré de me l’expliquer.

Parce qu’il y a un sentiment, qui est aussi une réalité, qui émane de l’étude du langage, au second plan… Connaître les mots, et leurs usages, les fonctionnements sémantiques, sémiologiques, … Tout cela confère au porteur du savoir un pouvoir immense, gargantuesque ! En comprenant comment une phrase est perçue dans une conversation, via le schéma de Jakobson, par exemple, vous pouvez orienter la rédaction de votre slogan, et lui donner un impact fou ! Le second plan et l’étude du premier, c’est l’assurance d’une puissance. Et l’Homme, l’élève, tout un chacun, vibre pour cette puissance, pour accéder à cette force de rédaction et de lecture. Quand on arrive à comprendre ce qui nous entoure, c’est à dire à le prendre en nous, on devient comme un héros dans notre propre livre. Mais on ne devient pas libre de ces signes, on en devient maître, mais nous sommes toujours rattachés à eux, de même que le maître n’est pas maître sans son esclave.

Le troisième plan n’assure pas la place du maître, il n’assure pas non plus l’existence de l’esclave. Non. Le troisième plan, ce que je propose dans tout mes écrits, c’est simplement l’assurance d’une jouissance dans la compréhension de l’autre, et de la volonté qu’il porte. C’est uniquement une recherche de liberté, et au vue du comportement des hommes ces derniers temps, la liberté n’est qu’une maigre valeur face à un pouvoir intransigeant sur le verbe.

Comment expliquez vous le lien que vous faites entre liberté et troisième plan ?

Et bien en fait c’est assez clair : vous avez la conscience du pouvoir, de qui le possède, qui le détient, il n’y a qu’à étudier les signes de connaissances, les symboles de force que sont les phrases et les théories. Qui connaît ces schémas, qui les applique, qui sait penser le verbe ? Si vous pouvez répondre à ces questions, c’est en adoptant le regard totalement extérieur du troisième plan. Et en ayant la connaissance de la location de ces pouvoirs érudits, vous créez en votre fort intérieur le choix de suivre ou non ces têtes pensantes. L’homme qui peut choisir son outillage est à la fois maître et esclave, et en même temps ni maître, ni esclave : il est son propre artisan, et sélectionne ce qu’il veut réellement.

Je vois, avec le troisième plan, en étudiant l’utilisation de la sémiologie, on peut voir les rouages. Mais dernière question : quel rapport avec le réseau ?

C’est une très belle question pour conclure… Et bien voyez-vous, j’ai fait un choix en utilisant ma place au troisième plan : j’ai lu maint et maint ouvrages sur ces réseaux sociaux et j’ai eu la liberté jouissive de les refuser, en voyant l’utilisation malhonnête qu’ils ont fait de leur connaissance des mots. Ils opèrent à une transformation abusive de l’ontologie même des termes qu’ils emploient : accueil, amis, tout ces éléments de vocabulaire perdent leur valeur. On peut clairement distinguer l’usage d’un simplisme que Barthes théorise, ils font une utilisation foncièrement mauvaise d’un outil, pourtant neutre, du second plan. Ils font ça au nez et à la barbe des usager, qui sont toujours au premier plan. Je n’impose pas ma vision, mais j’apprécie cette force que mon écriture, et que ce troisième plan m’offre : je peux faire le choix de refuser une vie numérique, car j’en vois les rouages, et croyez moi, ils sont très semblables à ceux d’un ascenseur qui plongerait follement vers les entrailles de la bêtise…

Voilà qui est peu rassurant. Merci pour cette entretien, monsieur Virag, et bonne continuation dans vos écrits !

Lucien Virag prend un virag très serré

Afin de synthétiser l’ensemble de ce que nous a apporté notre cours en matière de connaissance à propos du structuralisme et donc de la sémiologie, il est indispensable de mentionner Virag, personnage aussi intéressant qu’imprévisible.

Virag est un sémiologue hors du commun, d’origine Hongroise et né à Budapest en 1957. Il va à l’encontre des nouveaux modes de communications tel qu’internet et donc implicitement les réseau sociaux. Selon lui, l’étude des signes peut s’apparenter à un signe en lui même pour lui-même qu’il définit comme évident. Sa théorie portant sur la sémiologie moderne stipule que la sémiologie « antique » (qui connait un essor au XXème siècle), aujourd’hui démocratisée, est paradoxale. Ainsi, la méta-sémiologie est l’étude des signes de la sémiologie. Son principal essai « l’Aube du réseau » (1979) débouche finalement sur une critique de la pensée structuraliste (Barthes, Foucault, Althusser…), qu’il juge trop réductrice. Il voue une réelle haine quant au réseau mondial internet, je cite :

« Internet, ou la subsistance irrationnelle de l’absurdité théorique des relations imagées, immatérielles, plaza virtuelle où la communication perd de son sens éthique et morale »

Cette critique est destinée à l’image, qu’il juge comme castratrice du langage écrit, le remplaçant par la force.

Un penseur incontournable, sur lequel je pense, il ne faut pas faire d’impasse, ne serait-ce que pour sa pensée atypique, unique en son genre.

Sources : L’Aube du réseau (1979) – édition Ousia, collection Séisme

Quand l’alphabet est pris d’assaut par les images

L’ère du numérique impose aujourd’hui à quiconque souhaite se faire remarquer, d’être compris efficacement et ce de manière rapide, simple et efficace. Il est aujourd’hui difficile de se démarquer sur le net, l’échange et le flux de l’information sont si rapide qu’il est de plus en plus difficile d’innover et donc de sortir du lot, de séduire. Ce surplus d’information accessible à tous impose donc une manière différente de communiquer, un partage de l’information basé sur la rapidité et la clarté  de la transmission des messages. Dans ce monde ultra connecté où le temps n’a plus sa place, il convient de communiquer efficacement. C’est là qu’interviennent les signes.

le langage iconographique impacte immédiatement notre subconscient, nous n’avons plus à porter attention aux messages codés, puisque les signes sont la traduction visuelle de l’écrit. celui-ci ci est donc bien plus impactant, compréhensible et attrayant. L’image impose la représentation que l’on se fait d’elle, tandis que le langage écrit nous force à nous créer une représentation mentale kinesthésique, visuelle ou auditive. Voyez par vous même l’efficacité du code de la route, du langage des signes, des logos etc…college2

Les lettres sont un ensemble de 27 signes permettant le codage descriptif d’une chose, d’un ressenti, d’un procédé… Le langage écrit est le code de l’image. Tout comme le langage binaire, simpliste, code pour l’information qui ne prend son sens qu’une fois décodée par un programme. Les images sont elles en phases de prendre le dessus sur l’alphabet ? La société est-elle en phase de s’orienter vers l’information analphabète ?

L’analyse novatrice faite par W. J. T. Mitchell amorce dans la culture moderne un renouvellement des approches et des conceptions de l’image.