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Quand le réel devient hyper-réel

Jean Baudrillard est un philosophe français né en 1929 et mort en 2007. Il est surtout connu par ses travaux sur les modes de médiation et de communication de la postmodernité.

Dans son oeuvre Simulacres et Simulation  publié en 1981, il analyse le monde moderne et soutient que la réalité n’existe plus. On est dans un monde où règne la simulation et l’hyperréalité.

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Simulacre et simulation, Hitchcock sacré roi

Les films d’Hitchcock sont très remarquable pour apercevoir les mensonges de fausse images. En effet c’est qu’après coup que nous nous rendons compte que nous nous sommes fait trompé.

Dans « fenêtre sur cour » il y’a une mise en abime la mise en abime où le personnage principal est spectateur d’un film, soit au sein même du film il est manipulé. Hitchcoks montre alors la simulation du cinéma en montrant comment est manipulé un acteur.

Mais aussi, pour « Vertigo » et « la Mort aux trousse », on ment au personnages principale, et le spectateur n’apprend la vérité qu’en même temps que celui ci.

La thématique est bien réelle et peut être rapproché a ce que Baudrillard dit : le réel n’est plus, mêlé de simulacre; la seule sensibilisation permettant de voir un semblant de réel serait une simulation par les sens : par les signes. Nous retrouvons alors la même choses  dans ces trois films.

Cette thématique de simulacre et simulation est reprise dans matrix où, en clin d’oeil, Neo, le personnage principale prend le livre de Baudrillard « simulacre et simulation ».

L’hyper-réalité des spectacles


Jean Baudrillard est un philosophe français du XX
ème siècle, dont les pensées ont été connues internationalement et appréciées notamment aux Etats-Unis. Baudrillard dans Simulacres et simulation (1981) aborde le sujet de la réalité. De son point de vue, nous sommes entré dans une ère où le réel a disparu pour laisser place à sa copie, tellement réaliste soit dit en passant, que nous ne percevons pas la différence. Il n’existe plus de référentiel, seulement des substitutions. Il qualifie ce phénomène de crime parfait, car personne ne se rend compte de la supercherie. Il met cela en rapport avec notre système de signes (d’images). Il est en effet de plus en plus présent dans notre quotidien, et ce sont ces images qui nous induisent en erreur car elles sont facilement falsifiables.

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Bilan

Le cours sur les mass media aura été passionnant. Deux oeuvres nous ont particulièrement marqué : celle de Marshall McLuhan et celle de Jean Baudrillard.

Marshall_McLuhan
Marshall McLuhan (1911-1980)

Visionnaire est le qualificatif qui convient à ces deux auteurs.

Ainsi il est troublant de lire les descriptions de McLuhan sur l’avènement de l’ère tactile (la galaxie Marconi), description rédigée plus d’un demi-siècle avant l’apparition toute récente des écrans tactiles !

Jean Baudrillard (1929-2007)
Jean Baudrillard (1929-2007)

La lecture du passionnant L’Echange Symbolique et la Mort de Jean Baudrillard, nous fait le même effet : écrit en 1976, l’ouvrage annonce les attentats du World Trade Center, l’illusion du bipartisme en politique (nous sommes en plein dedans). Nous avons aussi été secoué par la très belle réflexion sur la poésie qui termine cet écrit de Baudrillard.

L’analyse de l’objet mass médiatique nous aura permis également d’approfondir de manière personnelle notre réflexion sur le cinéma d’aujourd’hui.

Jeux vidéos, à la recherche du réalisme

Depuis l’apparition du premier jeu vidéo, les prouesses techniques n’ont cessé d’évoluer à tel point que la culture jeu vidéoludique a prit la même ampleur que la culture cinématographique. Aujourd’hui nous pouvons distinguer deux types de jeux : les jeux se revendiquant réalistes  et les autres.

dans la catégorie des jeux de courses nous retrouvons Assetto Corsa, la référence pc de la simulation automobile.http://images.spaziogames.it/articoli/2013/11/pc/15437/15437_1a.jpg

 

Dans la catégorie fps on retrouve battlefield 4 dans lequel l’avatar du joueur est confronté à des montées d’adrénaline lors de tirs de suppression ennemis. La destruction de l’environnement grâce au moteur graphique frostbite 3 contribue à renforcer le sentiment d’immersion.https://i.ytimg.com/vi/X5Y1zPIhFj8/maxresdefault.jpg

Nous pourrions encore en citer bien d’autre. Mais aujourd’hui c’est un nouvel outil qui est lancé sur le marché, la réalité virtuelle. Casques ayant déjà fait vivre le motion sickness à de nombreux joueurs.

http://www.realite-virtuelle.com/motion-sickness-solution

Quelques jeux d’horreur ont déjà fait leur apparitions, et pour peu que la personne soit sensible, ce simulacre hyperréel qu’est la réalité virtuelle, peut en traumatiser certains. Nous sommes face à une technologie nouvelle encore peu exploitée. Quels en seront les limites ? Espérons que simulacres et réalité ne sois pas confondus, car cet volonté à toujours vouloir repousser les limites du réel pourrait nous mener à confondre réalité et simulation.

http://www.francetvinfo.fr/economie/tendances/sante-la-realite-virtuelle-pour-guerir-les-phobies_1477043.html

La Preuve par la Fiction

Les attentats de Charlie Hebdo ont causé des morts et des images. Une image particulièrement insoutenable est notamment apparue sur les écrans, quelques heures après la fusillade. On y voit un policier à terre, sur un trottoir, les mains levées au niveau de la tête. Un homme cagoulé entre dans le champ avec un AK-47 ; il exécute le policier à bout portant. L’exécution a eu lieu dans un certain calme, une certaine banalité : la victime n’a pas poussé de cris, des flammes n’ont pas jailli du canon, le sang n’a pas giclé… Rien de spectaculaire.

Policier abattu le 7 janvier 2015, lors des attentats de Charlie Hebdo
Policier abattu le 7 janvier 2015, lors des attentats de Charlie Hebdo

Il est désormais dans l’ordre des choses qu’à la retransmission médiatique d’un attentat suive l’analyse des événements et des images. C’est durant cette phase de relecture que généralement les théories du complot fleurissent. Les images de l’exécution du policier n’ont pas été épargnées par ladite relecture…

Or, quel argument a-t-il été employé par ceux qui ont décelé dans ces images « une manipulation de la réalité », « une mise en scène » ? Celui-ci : l’homme cagoulé a tiré à blanc car le sang n’a pas giclé.

Où voit-on le sang gicler chaque fois qu’un corps reçoit une balle ? Au cinéma, en particulier dans le cinéma d’action américain des dernières décennies. Le procédé du squib, cette poche de sang qui éclate sur commande, a été utilisé l’une des premières fois en 1969 dans le film de Sam Peckinpah : The Wild Bunch. Si cette technique a été perçue comme « réaliste » dans les années 70 et 80, dans son évocation de la violence, c’est parce qu’elle montrait soudain la conséquence sanglante d’un coup de feu. La poche de sang, dans le cinéma des années 70, est à ce titre un symbole politique (les armes à feu font couler le sang) davantage qu’une recherche de réalisme. Mais, en soi, une poche de sang qui éclate n’a rien de réaliste.

The Wild Bunch (Sam Peckinpah, 1969)
The Wild Bunch (Sam Peckinpah, 1969)

Nous nous retrouvons donc avec une objection aberrante : les images de la mort du policier de Charlie Hebdo seraient fausses car ils leur manquent un motif visuel du cinéma d’action ! Pour reprendre l’analyse de Jean Baudrillard de l’hyperréel, nous pourrions formuler les choses ainsi : le cinéma hollywoodien a produit une vision hyperréelle de la violence par les techniques suivantes : montage nerveux, cadrage instable, ralentis, gerbes de feu qui jaillissent du canon, sang qui gicle, hurlements de douleur, chute des corps… Désormais, s’il manque un de ces motifs visuels à une capture vidéo d’une scène de violence, celle-ci pourra être soupçonnée d’être fictive.

La représentation hyperréelle/hollywoodienne de la violence aurait donc un poids d’authenticité plus important que la plate réalité d’un policier abattu en plein Paris.

Egocentrisme et nihilisme

Dans son ouvrage Simulacres et simulation, Jean Baudrillard propose une réflexion sur le réel. Selon lui, le réel ne serait plus perceptible, il aurait été remplacé par un univers de signes dont les référents sont absents, qui auraient perdu toute valeur.

Cette hypothèse a été notamment exploitée par la trilogie Matrix, où les Frères Wachowski interprètent ces signes dont parle Baudrillard, comme les signes perçus par les sens. En effet, ils partent du principe que nous expérimentons le monde via un ensemble sensations, par des signes que nous interprétons. Il serait donc légitime de se questionner sur la confiance que nous avons en nos sens, en la dimension organique de l’existence.

Il me semble cependant que cette interprétation des écrits de Baudrillard est instinctive et primaire, et il est a mon avis plus intéressant de s’interroger sur les signes que nous choisissons de transmettre plutôt que sur ceux que nous percevons. Afin d’introduire mon propos, je prendrais pour exemple (trivial) la mode vestimentaire : je ne choisi pas un vêtement parce qu’il me plait, mais parce qu’il me semble être la convergence de signes que j’ai perçu, qui m’a été transmis par différents médias et que je me propose de transmettre à mon tour.

On peut alors penser que l’ensemble de signes que chaque individu renvoie n’est que la copie de ceux qu’il a déjà perçu. SI l’individu n’est perçu que via cet ensemble de signes, il devient alors un personnage creux, un personnage de simulacre, fait d’une réalité fragmentée qui ne lui appartient pas.

Il est alors intéressant de se pencher sur la pensée de Stiegler qui introduit le terme de télécratie (le règne de la télévision) en l’opposant fondamentalement à la démocratie. On comprend mieux la problématique posée par l’avènement de la télévision et de la publicité. La décomposition des désirs en pulsion par les médias de masse nous pousse à la consommation de signes qui ne sont destinés à être copiés. Le réel enjeux de la télécratie ne me semble pas être la mort de la démocratie, mais la mort de l’individu qui est réduit à une somme de signes dépourvus de sens.

On peut penser que ce schéma n’est applicable qu’à la perception des individus entre eux, mais peut-on la considérer pour la perception que l’on a de nous-même ?

Selon Walter Benjamin, la reproductibilité des oeuvres d’arts conduit à la perte de leur aura. Il me semble que la perte de cette aura peut également être appliquée à la pensée, et que les idées subissent le même sort que les biens de consommation. Paradoxalement, a mesure que les idées perdent leur aura, les penseurs gagnent en popularité, en renommée. Ainsi, il me semble que nous nous approprions la pensée de quelqu’un parce l’aura de cette personne nous est parvenue, parce qu’il existe une mythologie autour de la pensée. Ainsi, la vie intérieure est elle aussi polluée par le simulacre, si bien qu’il nous est impossible de distinguer l’original de la copie. C’est la multitude et la complexité des signes que l’on s’approprie qui rend cette distinction presque impossible. L’individu n’est plus fait que de fragments de copies qui remplacent la singularité.

Le nihilisme de la pensée de Baudrillard me parait donc profondément narcissique et vertigineuse : se regarder en permanence afin de contempler un ensemble de signes dépourvus de sens, le vide qui cache le vide.

 

 

 

 

 

 

 

 

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La mort de Jean Baudrillard n’a pas eu lieu.

Le sociologue et philosophe Jean Baudrillard est décédé mardi 6 mars à Paris, à l’âge de 77 ans. Né le 20 juillet 1929 à Reims, germaniste de formation et traducteur de Brecht, Jean Baudrillard a enseigné la sociologie à partir de 1966 à l’Université de Nanterre. Il a élaboré, au cours des trente dernières années, une critique radicale des médias et de la société de consommation.

Théoricien du concept de la « disparition de la réalité » d’un monde qui bascule dans le virtuel, le philosophe se décrivait comme un « désillusionniste »; désillusion qui le guidera toute sa vie. Auteur d’une cinquantaine de livre, dont celui-ci: La guerre du Golfe n’a pas eu lieu, œuvre qui sera mise en relation lors de sa mort par une constatation de René Schérer, présent à son enterrement.

La tombe de Jean Baudrillard se situe dans le cimetière du Montparnasse. Tel qu’il l’avait souhaité de son vivant, sa femme fît en sorte que les condoléances n’ait pas lieu. Ainsi pourrait-t-on dire que « l’enterrement de Baudrillard n’a pas eu lieu ! » remarqua opportunément le philosophe René Schérer se tournant vers le cinéaste Vincent Dieutre, qui se trouvaient parmi le public venu rendre un dernier hommage, et ajoutant: “… Et c’est tant mieux. A présent il va vivre”.

Finalement, en prônant l’hyper-réalité, Jean Baudrillard vivait pleinement de son postulat en admettant toute formes de simulation de son vivant, mais aussi de sa mort. Peut-être celle-ci est une forme de signe mettant en scène une simulation ? Peut-être n’a-t-il jamais réellement existé ?