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La Joconde, un bien culturel?

Walter Benjamin nait en 1982 à Berlin. Il est l’un des grands penseurs européens du XXIème siècle, spécialiste d’auteurs littéraires mais aussi grand connaisseur de la culture française. Il est l’un des premiers auteur à penser ce qu’est la modernité mais aussi les principes fondamentaux et les caractéristiques culturelles de notre société industrialisée.

Dans ses oeuvres, Benjamin cherche à questionner et à faire avancer la notion de l’oeuvre d’art et donc de création pour nous faire prendre conscience que dès les années 30, la notion d’oeuvre d’art à muté pour aller vers celle de « bien culturel ».

Il explique que ce qui caractérise l’oeuvre d’art est « l’authenticité », c’est à dire sont statut original d’oeuvre d’art. C’est à la fois un objet physique unique situé en un lieu (« hic ») et un temps (« nunc »), mais également un objet inscrit dans une culture spécifique reconnue et entretenue par cette dernière.

Du coup, la reproduction d’oeuvres d’art et donc ses conditions techniques  vont dévaluer son aura et « détacher l’objet reproduit du domaine de la tradition ».

Illustrons cela avec un exemple: La Joconde de Leonard de Vinci. Cette oeuvre est unique, elle n’est disponible qu’au Louvre à Paris et nulle part d’autre. De ce fait, l’aura de l’oeuvre reste alors intact et inscrit dans son époque. 

Malheureusement, la société d’aujourd’hui est devenue tellement consommatrice que cette oeuvre est reproduite pour être vendue à des milliers de personnes qui souhaitent pouvoir l’avoir chez eux. Le système de reproduction a alors détruit la notion d’aura et l’oeuvre d’art devient un objet de masse culture. Elle devient un bien culturel que toute personne peut avoir chez elle.

Cela nous amène à nous demander s’il reste des oeuvre d’art unique, et non reproduite? La culture de masse à-t-elle tout « détruit » sur son passage?

Benjamin, la reproduction artistique et La Joconde.

Walter Benjamin est un penseur allemand du XX°S ayant travaillé sur les œuvres d’art, et l’impact de leurs reproductions.

Si je vous dit « Louvre » il y a trois choses qui vous viennent à l’esprit, dans l’ordre d’importance : Vénus de Milo ; Pyramide ; et bien sûr, Joconde. La Joconde est un tableau représentant le buste de Mona Lisa, une jeune femme souriante, peinte entre 1503 et 1506 par Léonard de Vinci. Exposé au Musée du Louvre à Paris, ce tableau est l’attraction majeure des visiteurs. Or, depuis quelques année, dû à l’usure du tableau par la lumière de son éclairage et par les flash photographiques des visiteurs, il est remplacé à l’exposition par une copie, et l’œuvre originale est gardée dans les réserves du musée. Cependant, cette toile attire toujours autant les foules. On peut se poser alors la question de la légitimité de l’œuvre originelle, comme de la copie exposé ; il y a la un paradoxe : on vient voir un tableau qui n’est pas exposé, et dont la copie prend la place, attirant toujours autant de monde.

Et cette femme, Mon Lisa, qui est-elle ? N’est-ce pas elle l’œuvre d’art originelle dont on a reproduit le buste ? Ses proportions ayant servi de modèle à l’artiste, son sourire énigmatique, sont d’abord les propriétés du corps de la jeune modèle avant d’être reproduite sur une toile. Bien sûr, on ne peut exposer une personne telle qu’elle pendant des siècles dans un musée, d’où la nécessité de la reproduction (en l’occurrence sur toile) afin d’exposer le sujet de l’artiste, bien que le tableau soit aussi là pour démontrer les compétences dudit artiste.