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Si ça saigne, ça fera la une

Pierre Bourdieu,  sociologue français, écrit en 1996 Sur la télévision . Il explique que la télévision est un dérivé de notre société de masse. Notamment, il démontre que nous subissons une dramatisation volontaire de l’information par les journalistes.

Nous pouvons faire le parallèle avec le film de Dan Gilroy : Night Call sorti fin 2014. Le personnage principal interprété par Jake Gyllenhaal est reporter freelance. Il se déplace dans les rue de Los Angleles à la recherche de scoop pour les vendre aux chaines les plus offrantes.

Night-Call-photo-2-2« si ça saigne, ça fera la une »

Bourdieu appelle ça des faits omnibus. « Ce sont des faits qui, comme on dit, ne doivent choquer personne, qui sont sans enjeu, qui ne divisent pas, qui font le consensus, qui intéressent tout le monde mais sur un mode tel qu’ils ne touchent à rien d’important. »

Il y a beaucoup de concurrence. Dans le film, une directrice d’un chaine TV explique que : « l’audience est bonne quand les victimes sont blanches et que l’accident c’est passé dans un quartier riche »

Bien sûr en France ce n’est pas exactement le même propos. Néanmoins, nous sommes aussi dans une logique industrielle et commerciale de l’information.  Et, dans les deux cas la télévision cache en montrant autre chose, quelque chose de sensationnel.

Le Scoop, une histoire d’UBM.

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Le principal souci d’un journaliste ou d’une chaîne de télévision est de créer du « buzz ». C’est une stratégie qui s’évalue en UBM (Unité de bruit médiatique). Il faut se dire que c’est notre société actuelle qui a créé cet instrument de mesure pour permettre aux organismes publics d’évaluer leur impact dans les médias. Le scoop c’est le moteur des journalistes, le critère d’excellence du milieu. La pépite est dure à dénicher et à garder pour soi : il faut que l’information soit de source sure, la vérifier et la recouper.

On peut également noter que la peur du ratage peut devenir une obsession qui enferme les rédactions dans une surveillance perpétuelle et stressante. De plus, si il y a un raté, la seule façon à la rédaction de se rattraper et redorer leur blason est d’effectuer un autre scoop, et cette fois-ci en « béton ». Le scoop c’est cependant ce que recherches les journaux télévisés et lorsqu’il est la, le sensationnel dure rarement à l’écran : les médias n’aiment pas ce qui dure car les spectateurs s’ennuient et s’enlisent donc et ceci à des répercussions sur l’audimat de la chaîne. Le cercle est vicieux et le restera car les bases sont bien implantées das l’esprit de la population.

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Est-il possible de trouver une solution à ce problème ? Tel Pierre
Bourdieu, je n’ai pas la réponse à la question, car ceci n’est qu’un constat…