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Sigfried Kracauer, la notion de Réalité. Mass Media 5/9

Sigfried Kracauer est aussi un penseur de l’École de Francfort, il écrit dans les années 50 autour du cinéma. Comme les autres penseurs de l’École de Francfort, il est Marxiste d’influence, et parlera du cinéma comme moyen de décrire la psychologie de la société allemande de son siècle.

Dans « De Caligari à Hitler, une histoire psychologique du film allemand », il ouvre la voie à la sociologie du cinéma, car le film est selon lui : « le genre le plus apte à saisir la réalité dans ce qu’elle a d’illimité, de transitoire et de dispersé ». La notion de réalité est quand même une constante dans l’histoire du cinéma, qui comporte des exceptions toutefois :

la première exception est évidemment le cinéma non réaliste, alors me direz vous : « le cinéma est rarement réaliste », certes. Mais certains genres créent de nouvelles réalités, des réalités alternatives, des réalités futures ou passées, des univers merveilleux où apocalyptiques encore, où l’homme tient une bonne place, que cela soit dans la problématique du « produit culturel » (englobe tout types d’œuvres, audio-visuelles, livres, etc), ou par métaphore.

Enfin, je voulais citer le film « The Truman Show », qui lui crée une méta-réalité effrayante. Dans ce film, Truman ( »L’homme vrai », en anglais, quelle ironie douce-amère) est un habitant heureux, avec une vie heureuse, mais qui s’avère n’être qu’un simulacre télévisuel. Ce film soulève deux questions, quelle est la réalité, jusqu’où va-t-elle, et quel rôle joue la télé-réalité ici ?

La réalité, par le cinéma, se doit, selon Kracauer, d’être saisie par le spectateur, mais dans ces cas là, ce film, et le nouveau spectateur voyeur proposé par la télé-réalité, la réalité ne me semble pas vraiment saisissable. Un exemple qui aurait pu être pertinent aussi, et que je me ferais un plaisir de débattre en commentaires, Matrix !

A vos commentaires =)

 

Source : http://www.lemonde.fr/livres/article/2010/04/29/gros-plan-sur-un-monde-en-miettes_1344342_3260.html

Retranscription et dénonciation de l’horreur au cinéma

Kracauer est un auteur juif allemand contraint de fuir son pays pour les Etats-Unis lors de la montée du nazisme.

Son oeuvre est le fruit de sa réflexion sur la notion de culture de masse par le prisme du cinéma.

Le cinéma plus que toute autre forme d’art est une forme d’art avec laquelle on peut avoir une prise sur l’horreur qui n’est que le reflet d’une réalité qui fait référence à la crise qui était traversée par le pays et l’Europe à cette époque.

Si Krakauer a étudié en profondeur les films allemands lors de la période de la République de Weimar (1918-1933), il existe dans le monde hollywoodien et dans le cinéma d’aujourd’hui des oeuvres qui dénoncent encore cette culture de masse.

Automatiquement le film de The Truman Show apparait principalement en haut de la liste. C’est une critique de la société américaine qui se complet devant sa télé à observer une personne innocente.

Mais nous pouvons également parler des films Hunger Games, dans le même style, les personnages doivent s’affronter pour survivre, la seule différence c’est qu’ils sont conscient de ce qu’il leur arrive. Et pourtant, derrière l’histoire, derrière l’horreur qui est montrée, effrayant et qui donne à réfléchir nous pouvons deviner une sorte de critique de la société politique, économique, qui renvoie finalement à des oeuvres antérieures telles que 1984, Le meilleur des mondes, etc…

Cachez ces penseurs que je ne saurais voir.

Le semestre qui vient de s’écouler fut marqué par un cours à l’intitulé mystérieux : nous devions y étudier les « modèles théoriques de la communication de masse ».

Marshall McLuhan, le canadien

Je repars de ce cours avec la découverte d’une grosse dizaine de penseurs dont je n’avais jamais entendu parler. Benjamin, McLuhan, Kracauer, Adorno, Marcuse (dont j’ai acheté et prévu de lire L’homme unidimensionnel), Baudrillard ou Lipovestsky me reviennent en tête au moment d’écrire ce billet.

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Dream of Life

Kracauer fut à la fois philosophe, sociologue, historien, critique d’art mais aussi penseur de la photographie. Il comprend que la diffusion massive de cette dernière annonce une nouvelle aire médiatique. Dans son œuvre « Sur le seuil du temps, essai sur la photographie », il analyse ce médium comme étant une technique de reproduction du réel permettant un nouveau rapport au temps. (puisqu’elle capture l’instant)

Il remarque que la photographie est un procédé artistique très populaire, elle peut s’exercer dans le domaine du reportage, mais aussi de l’art abstrait, devenir une photo d’identité, des souvenirs de famille, un l’auto portrait etc… Elle s’adapte à son public, à ses goûts, et aux différents moyens techniques qu’il possède. Elle est accessible donc par tous.

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Kracauer VS Captain America

Dans De Caligari à Hitler une histoire du cinéma allemand Siegfried Kracauer montre comment le cinéma expressionniste allemand préfigure l’avènement du nazisme. Comme le cinéma est un média de masse, il est plus à même d’être un vecteur d’une culture nationale et de toucher un maximum de monde.

Aujourd’hui, l’expressionnisme allemand n’est plus un courant en vogue, et du moins au cinéma, on peut assister à ce qu’on appelle une «Marvelisation des films». En effet, la notion de Soft Power est un outil largement répandu à travers le monde, afin d’asseoir cette doctrine capitaliste qu’est la mondialisation, et plus particulièrement, l’américanisation. La société Marvel de production de films adaptés de ses propres comic book étas-uniens, s’est lancé dans une quête d’extension de son univers, en proposant depuis ces dernières années et pour de nombreuses années à venir, une multitude de films qui se font écho tous les uns et les autres, certains étant siplement pendant tout le film, l’introduction d’un autre film suivant. Bien qu’une partie de ces films se trouvent être dans le top 10 des films les plus chers au monde (et sachant qu’une partie d’autres sont aussi des films de super-héros, mais de la société DC) leur impact est bel et bien réel au niveau du publique, puisque ces mêmes films, ainsi que d’autres de la licence, qui viennent s’ajouter à la liste, font parti des films les plus rentables au monde.

L’aspect financier et la qualité parfois vraiment médiocre de certains films, et pour la plupart, sans grande importance culturelle cinématographique est en train de tuer la culture.

Oui, grâce à (à cause de ?) Marvel, les gens connaissent Asgard, Thor, Loki et Odin, mais bon, c’est pas encore le Kalevala…

Le cinéma et ses faces cachées selon KRACAUER

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Le cinéma est né dans les année 1890 et n’a cessé d’évoluer au fil des siècles ; en effet on retrouve une histoire longue qui reflète l’évolution de son utilisation. Kracauer étudie le cinéma comme moyen de communication de la masse culture. Il étudie plus particulièrement le cinéma allemand dont il prend l’exemple pour expliquer les symptômes du nazisme à travers les films au cinéma ; pour lui  le cinéma porte en lui les structures et superstructures du nazisme. Des films comme Le Cabinet du docteur Caligari de Robert Wiene ou Metropolis de Fritz Lang explorent les zones d’ombre de la psyché d’une nation traumatisée qui cherche par le cinéma un support à sa volonté de puissance.

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Pour lui le cinéma est un média et donc est à même d’attirer et d’intéresser le public ; le cinéma est une forme d’art ou l’on peut avoir une prise sur l’horreur qui n’est que le reflet d’une réalité. Finalement le cinéma joue un rôle majeur dans la société d’aujourd’hui car il permet de transmettre des images pour choquer ou encore faire réfléchir, il peut être utilisé pour défendre une cause ou transmettre des idéaux. De plus avec les nouvelles technologie mises en place les individus sont comme plongés dans le film et dans cette fausse réalité qui les enfermes encore plus dans ce monde de manipulations.Aujourd’hui le cinéma entre dans la société de consommation, il fait attendre et crée un besoin psychologique de voir des films (concept des film en plusieurs épisodes) ; le cinéma est devenu un objet de manipulation des idées et tente à travers certain films à marquer et faire réfléchir sur la société actuelle.

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Kracauer évoque le « réalisme fantastique » du cinéma qui échappe au matérialisme historique ; seulement on retrouve également là un moyen de montrer la société différemment et d’aveugler les regards des individus pour structurer une image différente de ce qui forme cette société.

Le cinéma entre finalement dans la catégorie de culture de masse, en effet le cinéma à évoluer et les idéaux ont changer également avec le temps, on retrouve l’empreinte de la société de masse qui tente de produire des films sur une base de société consommatrice et manipuler. Les images sont l’un des meilleurs moyens de transmettre un message et de rallier des individus à une cause ou

Une soumission revendiquée ?

En 1920, une référence du cinéma expressionniste Allemand fit son apparition : Le Cabinet du Dr. Caligari. Réalisé par Robert Wiene, il raconte l’histoire d’un psychopathe hypnotiseur (Werner Krauss) qui utilise un somnamtumblr_lnqkdgn7rN1qzdvhio1_r5_1280bule (Conard Veidt) pour commettre des meurtres. Le film est visuellement très sombre et dérangeant, entre ombre et trainé de lumière. Le script est directement inspiré des expériences de Janowits et Mayer, deux pacifistes qui sont devenus retissant à l’autorité depuis leur expérience de la guerre. Ce film semble peindre la brutalité et l’irrationalité que peut avoir l’autorité. Le Dr. Caligari est le gouvernement allemand et Cesare symbolise un homme soumis à sa position, tel un soldat, et ce dans le but de tuer.

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Selon Kracauer, un journaliste, sociologue et critique de film allemand, affirme que ce film est une prémonition de l’ascension duReich avec Hitler et le nazisme. Son livre From CaliAutorenfoto-Kracauer-cSuhrkamp-Verlag-e1364925713334gari to Hitler expose cette théorie. Pour lui le film reflète un besoin inconscient, dans la société allemande, d’un tyran. Ce film est pour lui un exemple de l’obéissance que peuvent accorder ce peuple à l’autorité et leur incapacité à se rebeller contre l’autorité. Les contrastes que ce film évoque, entre aliénation et santé mentale, la réalité devient subjective face à une dualité de la nature humaine. 

Siegfried Kracauer

Siegfried Kracauer (1889-1966)  a fait plusieurs métiers dans sa vie dont celui de journaliste, de sociologue et de plus des critiques de films allemand.

En 1973, il publie De Caligari à Hitler. Par son oeuvre, il essaye de d’instruire les masses un peu plus sur l’Allemagne hitlérienne.

Kracauer essaye de montrer le lien entre la mentalité des nations et le septième art. Car après tous il y a forcément un lien, car après tout le cinéma peux avoir un fort pouvoir d’endoctrinement. Le cinéma weimarien a été perçu bien différemment suite à la parution de ce livre.

 

La bise CD.

Culture de masse et cinéma : Weimar / Iran

Siegfried Kracauer (De Caligari à Hitler, 1947) interprète le cinéma de la république de Weimar comme l’expression des attentes inconscientes de la société allemande. C’est-à-dire que les réalisateurs comme Fritz Lang ont essayé de faire ressortir de leur film la souffrance et la volonté de la population allemande.

Mais encore, aujourd’hui nous pouvons appliquer l’analyse de Kracauer sur le cinéma de Weimar au cinéma iranien. Prenons par exemple Asghar Farhadi né en Iran en 1972 à Isfahan. Son cinéma est dans la même ligné que celui de Fritz Lang.

Leur cinéma rend compte du problème des masses. Il est un média qui peut influencer la culture de masse. Voici le passage d’une interview de Farhadi consacré au Monde :

Depuis 2009, votre pays semble plongé dans une sorte de dépression…

Je ne dirais pas que l’Iran souffre d’une plus grande dépression que d’autres pays. Cependant, si je compare l’Iran d’aujourd’hui à celui d’il y a quelques années, il me semble que les Iraniens vont mal. Mais ils ne sont pas résignés. Il y a encore beaucoup de gens qui continuent de se battre dans l’espoir de jours meilleurs. Je n’aime pas ce cliché qui présente les Iraniens comme des gens désemparés et passifs, qui acceptent tout ce qu’on leur inflige. Ce que nous traversons aujourd’hui est un passage obligé. Mais toute cette énergie ne sera pas perdue.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/festival-de-cannes/article/2013/05/17/asghar-farhadi-je-veux-vivre-en-iran_3285983_766360.html#k6ZywEpCQRTmIoIe.99

 

C’est en partant des « manifestations discrètes de surface » qu’il devient selon lui possible de déterminer le « lieu qu’une époque occupe dans le processus historique » explique Kracauer. Peut-être que le cinéma de Farhadi est une manifestation discrète de surface…

 

 

 

Une histoire psychologique du cinéma allemand

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Dans De Caligari à Hitler,  Siegfried Kracauer analyse le cinéma expressionniste, et tente d’y déceler tous les symptômes qui prédisaient la montée du nazisme et les horreurs de la seconde guerre mondiale.

Kracauer y décortique (entre autres) Le Cabinet du docteur Caligari et Metropolis, tentant parfois de faire plier les oeuvres analysées à la vision qu’il en a.

Cependant, le mouvement expressionniste ne peut pas être arraché à son contexte historique, surtout en Allemagne. Un mouvement artistique véhiculant un malêtre de cette violence ne peut qu’être le symptôme du malêtre de tout un peuple, d’une époque.

Ainsi, il me semble que l’expressionnisme allemand est bien la voix d’une nation, portée par les artistes et ne peut donc qu’avoir été annonciateur des évènements des années 30 et 40 en Allemagne et dans le reste de l’Europe.

 

 

 

 

 

 

Et un petit cadeau du soir :

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