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Herbert Marcuse, la Perte de Liberté. Mass Media 4/9

Marcuse est un Philosophe de l’école de Francfort, pleinement. Allemand donc, né en 1898 et mort en 1979, il écrira lui autour de Marx et du capitalisme, prônant des idées libertaires. Il aura une influence très marquée sur les mouvements étudiants de la fin des années 60 en Europe et aux États-Unis.

Il critique les répressions opérées et par le communisme, par la bureaucratisation, et par le capitalisme, par la consommation, qui prive de liberté. Dans son Ouvrage « L’homme Unidimensionnel », écrit en 1964, et publié en français en 1968 (tiens, hasard?), il explique l’intégration de la classe ouvrière dans le capitalisme.

A l’heure où les Trente Glorieuses battent leur plein, il parle de la consommation, en lien direct avec l’influence des mass média : Si la consommation à outrance est rendue possible, c’est parce que les mass medias permettent de savoir qu’il y a de quoi consommer ! Il aura beaucoup étudié Freud, et lie la psychanalyse avec son analyse du marxisme.

Se crée ainsi pour Marcuse une uniformisation des désirs et des besoins par le capitalisme, et étant donné qu’il a théorisé le désir, (inventeur du concept selon lequel le sexe serait en fait « Eros », et serait instrumentalisé (image de la femme dans la pub, par exemple)), la réflexion est intéressante. Les individus s’asservissent eux-même, et reproduisent cet asservissement (au fond, consommer, est-ce grave?).

Son influence aujourd’hui est prépondérante aux États-Unis, il est toujours considéré comme un penseur majeur. Néanmoins, en France sa pensée n’a pas le même impact, et pourtant les notions de « consommation » et de « mass media » n’ont jamais été autant présentes. La consommation aujourd’hui tient du domaine audio-visuel. L’invention d’Internet permet à qui veut d’accéder à des vidéos partout, tout le temps,et de manière quasiment infinie (Chaque minute, 100h de vidéos sont chargées sur la plateforme de partage de vidéos « Youtube »). Cette sur-consommation, gratuite, enferme les gens dans un cercle vicieux, et je m’inclus ici dans le lot, il m’est arrivé de perdre deux heures sur Youtube, en regardant vidéos sur vidéos. La question de la perte de liberté est plus que jamais d’actualité.

Sources : http://www.zones-subversives.com/2015/07/herbert-marcuse-philosophe-radical.html

L’homme euphorique dans son malheur

phedre-cabanel

 

Dans son ouvrage L’homme unidimensionnel, Herbert Marcuse interprète la société capitaliste (la « société industrielle avancée ») comme une société totalitaire, dans le sens ou elle absorbe toutes formes d’opposition et ne laisse rien en dehors d’elle. Cette absorption créerait une société unidimensionnelle parce qu’elle ne permettrait pas à l’homme d’accéder à une existence autre que celle qu’on lui propose.
Marcuse donne pour exemple la large distribution des ouvrages classiques, qui certes permet leur accessibilité au plus grand nombre, mais leur ferait perdre leur singularité et leur force d’opposition.
Il est alors intéressant de s’intéresser à la réinterprétation de certains ouvrages classiques. J’ai choisi de prendre pour exemple L’amour de Phèdre de Sarah Kane. Dans cette pièce, Hippolyte est mis en scène comme un enfant gâté qui passe ses journées devant la télévision et n’a plus d’intérêt pour sa propre existence. On pourrait voir ici une critique des médias de masse et de la société industrielle avancée décrite par Marcuse. Cependant, il me semble que Sarah Kane nous invite à voir plus loin : ce malaise vient du personnage, pas de la télévision. Il est inhérent à la nature humaine, et le personnage d’Hippolyte qu’elle met en scène n’est pas différent de celui de Racine.
Il me semble que lorsque Marcuse qualifie d’ »euphorique dans son malheur » l’homme contemporain, il accuse la société industrielle avancée d’un comportement inhérent à la nature humaine. Il ne ferait que réitérer les tentatives de tous les artistes et auteurs avant lui : trouver une cause « aux mille tortures naturelles qui sont le legs de la chair » (acte III scène 1,Hamlet, Shakespeare).

Il me semblerait plus juste d’accuser cette société de fournir une distraction qui lui permettrait d’être seulement d’être euphorique.