Archives pour l'étiquette Louvre

L’aura de Jr

Jr artist est un artiste contemporain qui a fait disparaitre le musée du Louvre à Paris ce 29 mai. Il a créé une oeuvre sur la pyramide de l’entrée du musée qui permet par un trompe l’oeil de rendre la devanture du musée en noir et blanc :

On comprend ici qu’il s’agit de faire de l’art, pour l’art.

Mais peut-on vraiment parler d’Aura pour cet oeuvre ?

Ce terme utilisé par Walter Benjamin signifie la spécificté d’une oeuvre d’art à s’inscrire à un endroit précis dans l’histoire. Cependant, certes cette oeuvre d’art répond à ces critères, mais peut -on parler de sentiment ? Le sentiment que chaque personne ressentira en voyant cette oeuvre sera unique, mais il durera qu’un court instant et ne sera reproductible.

Cepedant, on constate la présence de l’aura sur cette photo :

Photo de Jr devant son oeuvre avec la foule

On le voit prendre un selfie avec la foule devant son oeuvre, et c’est à ce moment, unique dans le temps et dans l’espace, qu’on peut parler du terme de « l’aura », car cet instant ne peut pas être reproduit. De plus, cette photo ne peut pas être copiée, c’est l’originale qui ne peut rester qu’originale.

Benjamin, la reproduction artistique et La Joconde.

Walter Benjamin est un penseur allemand du XX°S ayant travaillé sur les œuvres d’art, et l’impact de leurs reproductions.

Si je vous dit « Louvre » il y a trois choses qui vous viennent à l’esprit, dans l’ordre d’importance : Vénus de Milo ; Pyramide ; et bien sûr, Joconde. La Joconde est un tableau représentant le buste de Mona Lisa, une jeune femme souriante, peinte entre 1503 et 1506 par Léonard de Vinci. Exposé au Musée du Louvre à Paris, ce tableau est l’attraction majeure des visiteurs. Or, depuis quelques année, dû à l’usure du tableau par la lumière de son éclairage et par les flash photographiques des visiteurs, il est remplacé à l’exposition par une copie, et l’œuvre originale est gardée dans les réserves du musée. Cependant, cette toile attire toujours autant les foules. On peut se poser alors la question de la légitimité de l’œuvre originelle, comme de la copie exposé ; il y a la un paradoxe : on vient voir un tableau qui n’est pas exposé, et dont la copie prend la place, attirant toujours autant de monde.

Et cette femme, Mon Lisa, qui est-elle ? N’est-ce pas elle l’œuvre d’art originelle dont on a reproduit le buste ? Ses proportions ayant servi de modèle à l’artiste, son sourire énigmatique, sont d’abord les propriétés du corps de la jeune modèle avant d’être reproduite sur une toile. Bien sûr, on ne peut exposer une personne telle qu’elle pendant des siècles dans un musée, d’où la nécessité de la reproduction (en l’occurrence sur toile) afin d’exposer le sujet de l’artiste, bien que le tableau soit aussi là pour démontrer les compétences dudit artiste.