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Manipulation publicitaire

Herbert Marcuse est un homme qui va axer sa réflexion sur la société contemporaine, sur la société de masse et la culture de masse. 

Il nous dit que la société occidental contemporaine empêche de manière volontaire tout changement social à l’échelle collective et individuelle (cf L’homme Unidimensionnel). Pour lui cette société va assimiler en elle-même toutes les forces contraires ; elle va donner l’illusion d’une liberté de pensée, d’action mais en fait fait taire la critique. 

Il part du principe que la société crée de faux besoin en uniformisant et en standardisant les pensées et les modes de vie véhiculés par la culture de masse. Ces faux besoin sont des besoins qui font marcher la machine économique (donc capitaliste), dont la pub en premier lieu va pousser les consommateurs à acheter des objets dont ils n’ont pas besoin.99-francs-3621032

L’art de la publicité l’a bien compris. Quand on parle de manipulation et de publicité en même temps, le livre 99 francs de F. Beigbeder me vient automatiquement à l’esprit. Ce livre dénonce totalement ce monde, il est cru, parfois violent dans ses propos mais il nous illustre cette société qui nous connait, qui nous manipule, comment nous allons nous faire tomber dans le panneau ? comment nous allons consommer ?

Le livre, adapté en 2007 est un gros impact également sur notre société. Après les mots qui nous confrontent à la réalité, nous sommes face à des images qui peuvent avoir plus de répercussions.

Ces deux oeuvres nous expliquent en fait l’art de nous manipuler, l’art de nous faire consommer, l’art de tout photoshoper, l’art de nous donner envie, de nous faire jalouser pour quelque chose que nous n’avons pas, que nous pouvons avoir, mais dans le but d’un idéal que nous n’atteindrons jamais.

Le “sensorium”, origine de la manipulation

Marshall McLuhan proposa une théorie sur les médias se fondant sur les notions de l’équilibre et des sens. Il dénonce l’éducation et les technologie qui perturbent les sens comme la primauté à la vue dans l’école traditionnel, l’oui due à la création de la radio mais aussi le système nerveux central depuis l’invention de la télévision.

Il appelle la somme et l’interaction de ces sens le “sensorium”, qui sont boulversé par l’arrivé d’un nouveau médium. Cela à pour répercussion le bouleversement du développement de la société. Mcluhan affirma que « le message, c’est le médium ».

Le film réalisé en 2002 « equilibrium » par Kurt Wimmer, montre cette manipulation par les sens dans un système totalitaire. En effet, la société privée du sensorium peut être manipulé au fins des personnes haut placées.

Les Etats-Unis, maître de l’illusion et des faux semblants

En 1974, le président Richard Nixon démissionne de ses fonctions en raison de son implication dans l’affaire du Watergate. En effet des journalistes du Washington post et un indic mystérieux font tomber le voile de la vérité sur une affaire d’espionnage des plus douteuses.
Impliqué dans le scandale, Nixon quitte la présidence après sa réélection de 1972, 2 ans plus tard.

En 1947, est créée la plus grosse agence de renseignements au monde :  la CIA.
Celle ci va jouer un rôle dès sa création dans les affaires internationales, notamment en Amérique du Sud.
En plaçant des hommes de confiance à la tête de certains pays comme Cuba avec Baptista ou encore Noriega au Panama, qui sera jugé dans les années 90 pour traffic de drogues et meurtres.

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A la base double agent de la CIA, Manuel Noriega se retrouve piégé par les serres de l’aigle impérialiste Américain, lorsque celui ci fait importer illégalement des tonnes de cocaïne sur les côtes floridiennes. Cet exemple montre bien à quel point les Etats Unis sont maîtres de l’illusion et dresse un portrait de la première puissance économique aujourd’hui, tandis qu’ils sont aussi en partie responsable de certains problèmes politiques, religieux (CIA en Afghanistan dans les années 80, formant les premiers talibans) mais aussi sociaux (réouverture du blocus Cubain détruisant d’ici peu la culture de l’île au profit de la marchandise et du rapport bénéfique qu’ils vont pouvoir à nouveau en tirer).

L’exemple dernier est bien entendu la première visite d’un président américain Barack Obama au Japon, à Hiroshima pour la commémoration des attaques à la bombe nucléaire 71 ans auparavant. Première visite en 71 ans dans une ville encore bien meurtrie par les actes perpétués.
« La mort est tombé du ciel », annonce-t-il. Les japonais attendant cet évènement avec impatience, sont heureux de la prise de décision mais reste marqué surtout lorsque Barack Obama n’apporte aucun éclairement sur l’utilisation du nucléaire durant son mandat.

La peur cultivée par la télévision

Dans son ouvrage Sur la télévision, Bourdieu fait une critique des médias en considérant que la télévision elle-même est soumise à la loi du marché. Si on s’intéresse aux journaux télévisés, on peut retrouver cette idée dans le sens ou c’est un domaine concurrentiel, avec de multiples chaînes qui diffusent un journal à la même heure.

Les chaînes cherchent l’audience, alors elles font tout pour capturer l’attention des téléspectateurs, et c’est ainsi que la télévision accorde une grand part à des sujets bien spécifiques, qui font souvent scandales majoritairement les affaire politico-médiatiques et les faits divers.

Un autre moyen de tenir les téléspectateurs en haleine, c’est de jouer sur le sensationnel. Les journaux télévisés misent sur l’angoisse, le suspense pour garder l’attention.

A ce propos, un reportage traite de l’exploitation de la peur par les médias, et en particulier par les journaux télévisés.

Pour résumer, ce reportage explique comment les journaux abusent parfois de la vérité en déformant la réalité dans l’objectif d’être plus impressionnant afin d’avoir plus d’impact, et cela en alimentant la peur (jusque dans les publicités choisies). Ce qui nous est dit n’est finalement pas représentatif de ce qu’il se passe vraiment, et nous avons ainsi tendance a sur-évaluer le danger.

Il n’y a qu’à voir le générique du JT de TF1 :

Bilan pour ouvrir les portes d’un monde réel

Nous venons d’étudier les modèles théorique de la communication de masse ; nous avons pus voir de nombreux auteurs qui partagent généralement un point de vue commun dans leurs idées en fonction de la notion et du thème développés. De la notion de masse média et masse culture à la notion de masse média à l’ère post-industrielle, nous avons pus voir de nombreux sujets qui critiquent généralement notre société capitaliste et dénonces ses vices.

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Ce cour aura été pour ma part une découverte de tout ces auteurs et m’aura permis de développer une nouvelle pensée sur le monde d’aujourd’hui. Finalement on découvre une nouvelle approche de notre société ; que se soit du point de vue culturel ou sociale ; finalement nous sommes dans une ère médiatique très développer et l’utilisation des médias devient quotidien à tout les individus. Ce cour nous aura permis de découvrir les vices de cette époque et de nous faire réfléchir nous même sur notre propre vie du quotidien.

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Finalement la communication de masse nous montre que les médias nous enferme dans une fausse réalité, nous ne vivons que comme spectateur de notre propre vie et ne cherchons pas assez à ouvrir les portes du monde réel. Nous vivons à travers les écran et oublions de découvrir ce qui est vraiment réel et ce qui est important de connaître, la culture se décomposent, les œuvres perdes leur aura, nous ne contrôlons plus l’ensemble de ce que l’on fait. Ce cour a donc été une nouvelle ouverture sur le monde.

Lipovetsky contre la société de l’écran

lipovetski-gilles1Gilles LIPOVESKY est un essayiste et professeur de français, il est professeur agrégé de philosophie, membre du Conseil d’analyse de la société; il a étudié la révolution du numérique avec Jean SERROY dans leur œuvre L’écran global : culture-médias et cinéma à l’âge hyper-moderne  : « On est passé d’un demi-siècle de l’écran-spectacle à l’écran- communication, de l’écran-un au tout-écran, voici l’époque de l’écran global. L’écran en tout lieu et à tout moment » . Pour eux les médias aujourd’hui sont une forme de manipulation des sociétés dans le monde entier et peuvent même être une influence entre les sociétés. Nous sommes dans une ère où l’écran devient un élément du quotidien et se retrouve dans plus en plus de foyer. 

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On retrouve par exemple le cinéma qui est pour eux un moyen de conditionner les relations amoureuses, les systèmes narratif des autres médias, les vidéos amateurs et familiales etc. Il considère que dorénavant la vie en société devient du cinéma et que la vision du monde qui est reflétée à travers le cinéma s’impose ainsi à tous. Ils développent ainsi le terme de l’ « hyper-cinéma » qui va être donc à l’origine d’un conditionnement de la société. En effet aujourd’hui le cinéma est l’un des médias les plus influent sur les sociétés du monde entier ; on retrouve une véritable envie d’avoir une « vie de film ». Les relations en société, les autres médias, les formes de spectacles etc., se voient influencés par le cinéma qui va amener à un réel quotidien cinématographique, on ne vie plus dans un monde totalement réel, on est emprisonner dans cette fausse réalité qui est menez par les industries du cinéma. Finalement on retrouve cette volonté de transformer nos vies en un véritable film, seulement en oubliant que malgré tout ce n’est pas forcément le « happy end » qui sera la solution finale. Le cinéma est un moyen de transformer l’opinion publique et de la manipuler ; c’est un moyen de contrôler la vie d’une société en influençant les individus qui la composent, en transmettant des images qui peuvent représenter une image de réalité parfaites pour certains individus qui vont se coller à cette image.

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On retrouve également comme exemple les jeux vidéos qui peuvent être, malgré les apparences, un média utile pour manipuler une partie de la population (les gamers). En effet les jeux vidéos peuvent devenir un moyen d’influence particulier car en fonction de l’idée du jeux certains individus peuvent s’identifier et ainsi être manipuler par les images. Les jeux vidéo, comme le cinéma est une mise en scène d’une vie, d’un monde, ce n’est pas réel ; On retrouve à travers les jeux vidéos une mise en place d’idéaux. Comme le disait LIPOVETSKY et SERROY, l’écran-spectacle devient l’écran-communication, c’est un moyen de définir l’influence qu’à aujourd’hui les écrans avec la diffusion d’information, d’image etc. On retrouve un investissement de tout les écrans dans la médiatisation de masse de nos jours. Mais nous pouvons également dire que ces écrans contribuent également à consolider la société de consommation ; en effet ils poussent les individus à se créer des besoins. Dans le jeux vidéo par exemple c’est le besoin toujours plus grand de devenir meilleur et d’obtenir les derniers jeux pour redécouvrir un monde mieux fait ; mais également les achat disponibles directement si le jeux lui même, en effet cela permet au individus jouant au jeux vidéos d’obtenir plus de fonction ou autre dans leur jeux. Par ce biais la société de consommation crée un besoin d’avoir toujours plus, et donne une image de nécessité à ces achats.

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Finalement LIPOVETSKY et SERROY dénonce la société actuelle et son sens de la manipulation par les écran notamment et en particulier le cinéma.

Condamnation de la télévision par Guy DEBORD

g_Cote13Court12aDebordNous retrouvons dans notre société une médiatisation de nos rapport sociaux et nous sommes comme spectateur de nos propres vies et de ce qui nous entour. Guy DEBORD est une figure française qui dénonce la société post-industrielle et capitaliste ; en effet il a écrit un livre « la société du spectacle », dans lequel il dénonce cette société qui nous fait passé « d’être » à « avoir et paraître ». Le principal média qui plonge la société dans cette ère post-industrielle est la télévision ; en effet ce média est utiliser pour diffuser des informations sur les événements qui se produisent autour de nous, on retrouve à travers, une médiatisation de la vie de la société et c’est un des critères qui poussent les individus à se donner une image, à changer leurs opinions et leur choix en fonction des valeurs que la société tentent de mettre en place. Mais on retrouve également les publicités ou émissions pour soutenir la société de consommation, c’est un critère qui pousse les individus qui composent la société de se référer à des produits et finalement à se coller à l’image de ce qu’il voient, ont retrouve ainsi une manipulation de l’individu et de ses choix.

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Guy DEBORD parle d’une volonté de crypter la pensée, il dénonce et rejette totalement la volonté de la société de transformer les individus en spectateur de leur propre vie. Il rejoint la pensée de Marx sur la structure en dénonçant l’activité humaine comme un moyen de produire matériellement la solution à des besoin créer de toute pièce par la société de consommation ; Marx dénonce aussi comme Guy DEBORD la société où les individus deviennent étranger à eux-même car ils sont guider par la société et prennent l’image que l’on leur fait passer et pas leur propre image réelle.

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Guy DEBORD cherche à désaveugler la société de son époque, en effet il aimerait faire passer se massage que la société n’est qu’une manipulation constante de nos idées et de notre consommation. Cette manipulation de la société est finalement diriger et contrôler en grande partie par les médias qui permettent de transmettre des information ou de pousser les individus à créer des besoins ou a changer leur idées. Finalement la télévision est le média le plus utiliser pour cette manipulation mais pas le seul, internet est un autre média qui touche énormément tout les individus de tout les ages.

En conclusion les médias permettent le développement quotidien de la société post-industrielle et Guy DEBORD est l’une des figures qui tentent de montrer cette manipulation des individus et de lutter contre cette influence sociétale.

Culture de masse et télévision

Qu’est ce que la culture de masse? À quoi correspond-t-elle vraiment? Edgar Morin, un sociologue et philosophe français nous en donne une définition simple mais efficace. Pour lui, la culture de masse est une culture produite en fonction de sa diffusion massive, s’adressant à une masse humaine, c’est à dire à une agglomération d’individus considérés en dehors de leur appartenance professionnelle ou sociale.

Malheureusement, cette culture est influencée et diffusée grâce aux médias omniprésents dans notre société actuelle. En effet, à cause du développement de la télé, la population est principalement renseignée par ce médium et par les chaines d’informations qui leur sont proposées. De ce fait, la société est informée par des courants de pensées catégorisées par les différentes chaines présentes à la télévision.

Edgar Morin soulève alors un point intéressant: la culture n’émane pas seulement des médias de masse, mais aussi des inter-influences des cultures. Pourtant, les médias de masses sont, généralement, les principaux canaux de cette culture de masse, elle relève ainsi d’une massification de l’ensemble des maillons de la chaine culturelle: production, diffusion et réception.

À cause de cela, beaucoup de personnes ne se créent pas leur propre culture et se contentent d’écouter et de gober ce que la télévision peut leur raconter. Pour moi une culture est personnelle, elle vient d’ouvrages lus, de films visionnés, de voyages réalisés, de rencontres faites… Chaque experience vécue apporte une valeur ajoutée à notre culture qui nous est propre. Malheureusement, au cours de notre siècle, on assiste à un aveuglement de la population, dirigé par les personnes à la tête de la société.

La dernière fois je regardais la télévision, ce qui m’arrive rarement, et je suis tombée sur une chaine d’information. J’avoue avoir eu envie de pleurer en la regardant: toutes les informations données sont à propos de catastrophes naturelles ou humaines. Tout est vu d’un aspect négatif, et presque rien de jovial ne nous est communiqué. En l’éteignant je me suis dis que cette société était plongée dans le négatif, on y brasse des informations effrayantes ou on nous vend du rêve avec la publicité. Même les programmes fait pour nous divertir et certifiés « réalistes » sont écrits et organisés en amont.

Pour moi, on nous manipule, tout simplement.

 

Top 3 des meilleurs court métrage vu au Festival du Film de Clermont Ferrand

A l’occasion du festival du court métrage à Clermont Ferrand, nous étions présents avec les bccn afin de pouvoir visionner les travaux de ces cinéastes souvent peu connus. Grâce à ces 3 jours intenses, je vous dresse un classement des films des sélections qui m’ont le plus touché, pris d’émotion ou interpellé.

Le premier est HOTARU un film de fin d’étude à la Femis de William Laboury. Si ce film vu en séance labo 2 le dernier jour du séjour m’as particulièrement impressionné c’est d’abord pas le sujet abordé : la mémoire, sujet vaste et bien complexe. Ici Martha est une jeune femme hypermnésique décide de donner son corps à la science afin de développer la mémoire la plus puissante et variée sur Terre.
A travers des images pixelisées, 3D  ou encore d’archives, le jeune réalisateur nous immerge totalement dans la mémoire de Martha et rend le visionnage très beau visuellement et spirituellement. En effet ce court métrage mêle à la fois le rêve et la mémoire lorsque qu’un mystérieux personnage fait son arrivée et bouscule la science vaincu par l’amour et la perséverence d’une idée qui fleurit à l’intérieur de la mémoire de Martha.

Le deuxième est aussi issu d’une séance labo. A COAT MADE DARK (Sous le Manteau) de Jack O’Shea est un film noir d’animation relatant l’histoire d’un chien manipulateur se servant d’un humain en lui demandant de porter un manteau spécial qui recèle bien des vices. J’ai trouvé très bien construit ce film par l’ambiance générale dégagée. Une ambiance très sombre, asservissant l’homme à ce chien vicieux et très mystérieux. Le décor permet de se rendre plus compte du cadre que veut transcrire le réalisateur. Ce chien qui réussit même avec les contestations finales de l’homme à parvenir à ses fins. Un monde qui fait penser à un conte pour enfant retravaillé en un univers mystérieux et sombre.

L’OURS NOIR, un visionnage ou j’ai particulièrement rit. Cette comédie tordue de la sélection nationale de Méryl Fortunat et Xavier Seron mêle le gore et l’humour tout le long du visionnage. Un groupe d’amis partis faire une randonnée pour les rapprocher de la nature et communier avec se retrouve piégé par un ours bien que mignon, très violent et poussé par des pulsions meurtrières. Une mystérieuse voix guide nos aventuriers qui ne finissent pas en bon état après ne pas avoir bien respecter les règles pour échapper au fameux Ours Noir.
« Règle n°1 : Ne nourrissez jamais les Ours.  »

 

Entretien avec Lucien Virag, comme un bilan sur les études médiatiques.

Certains élèves de la formation ont eu la chance de croiser Lucien Virag, penseur quasi-anonyme, mais unanimement reconnu comme un auteur révolutionnaire. Cet émigré Hongrois, qui réside aujourd’hui à Lyon, s’applique à déconstruire avec fougue cette ère de l’internet, du mass-média. Il fût l’auteur d’un livre prémonitoire, malheureusement très peu connu, L’Aube du Réseau, aux Éditions Ousia (1979), dans lequel il faisait état de l’obsolescence des études linguistique face à l’avènement d’un monde du texte sans la pensée.

J’ai pu obtenir un court échange avec lui, ce qui explique le retard dans la publication de cet article. Virag a pourtant l’habitude de se refuser à utiliser les réseaux sociaux, ou d’avoir une quelconque existence à travers un ordinateur, il s’agit donc d’un genre d’exclusivité, profitez en, chers lecteurs.

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Lucien Virag dans son appartement lyonnais, prenant une pause avec second degré.


Bonjour monsieur Virag, je suis étudiant en Communication et Création Numérique, à l’Institut Marc Perrot, et les auteurs de linguistique et de sémiologie sont au cœur du programme de ce premier semestre. Quelle réaction à cela ?

*rire* Eh oui, oui. Il est tout à fait normal et concevable que ces études soient nécessaire à un tel cursus, vous qui allez vous donné corps et âmes dans un travail numérique et, il faut bien le dire, de manipulation. Vous êtes sur le deuxième plan, celui où vous avez besoin d’avoir conscience de votre langage pour mieux le tourner, et lui donner. Votre public, qui n’a jamais étudié ces fonctionnements du langage, reste dans un plan premier, primaire, il se contente de l’outil qui lui ai proposé, ce qui le rend si malléable.

Ma réaction est que vous découvrez là un outil utile et dangereux ; la conscience de sa propre langue est, entre de mauvaises mains, un fléau.

Rassurez vous, j’étudie ça plus par ambition créative que par inspiration machiavélique. Dans votre livre, vous parlez d’un 3ème plan dans L’Aube du Réseau, décrivez le moi.

Vous savez ce qui est plus fort que la conscience du langage ?

Dites le moi.

La conscience des consciences du langage : vous savez que l’homme a réfléchi sur lui et sur ses outils essentiels, substantiels même. De ce constat, vous pouvez tirer une étude très poussée, des conclusions magistrales ! L’Homme théorise ses signes en utilisant ces mêmes signes… il se plonge dans une abysse terrible, terrible oui ! Si je claque des doigts *il le fait*, et que j’utilise un claquement de doigts pour décrire mon même geste, je circule, je tourne, autour d’un sujet sans jamais atteindre sa fondamentale. Je peux re-claquer avec une précision et une lenteur extrême de manière à ce que la technique du premier claquement, celui-ci naturel, soit totalement dévoilé. Celui qui m’a observé saura alors claqué des doigts avec contrôle et maîtrise. Mais saura t’il pourquoi il claque des doigts ? Non ! Aura t’il idée des raisons qui le pousse à utiliser le claquement de doigts à tel ou tel moment ? Non plus. C’est passionnant non ? Cette maîtrise de la technique, bloquée dans un circuit, sans jamais pouvoir sortir de la route.

Je pense commencer à comprendre… Être au troisième plan, c’est étudier les premiers et deuxièmes plans avec une vision d’ensemble, pour voir quels sont les finalités de ces études, et de ces usages ?

Précisément ! Les méta-sciences ont cela de beau qu’elles touchent à l’essence des essences. Et, comme il apparaît à la césure de l’atome, les découvertes libèrent une formidable quantité d’énergie, qui nourrit l’intellect et son cosmos. J’éprouve une jouissance intellectuelle extrême à chaque fois que je dévoile un nouveau pan de mes études, mais j’ai bien conscience que ma science n’attirera jamais ni les écoles ni les foules. Vous savez pourquoi, vous qui étudiez déjà le second plan ?

Je vous serais gré de me l’expliquer.

Parce qu’il y a un sentiment, qui est aussi une réalité, qui émane de l’étude du langage, au second plan… Connaître les mots, et leurs usages, les fonctionnements sémantiques, sémiologiques, … Tout cela confère au porteur du savoir un pouvoir immense, gargantuesque ! En comprenant comment une phrase est perçue dans une conversation, via le schéma de Jakobson, par exemple, vous pouvez orienter la rédaction de votre slogan, et lui donner un impact fou ! Le second plan et l’étude du premier, c’est l’assurance d’une puissance. Et l’Homme, l’élève, tout un chacun, vibre pour cette puissance, pour accéder à cette force de rédaction et de lecture. Quand on arrive à comprendre ce qui nous entoure, c’est à dire à le prendre en nous, on devient comme un héros dans notre propre livre. Mais on ne devient pas libre de ces signes, on en devient maître, mais nous sommes toujours rattachés à eux, de même que le maître n’est pas maître sans son esclave.

Le troisième plan n’assure pas la place du maître, il n’assure pas non plus l’existence de l’esclave. Non. Le troisième plan, ce que je propose dans tout mes écrits, c’est simplement l’assurance d’une jouissance dans la compréhension de l’autre, et de la volonté qu’il porte. C’est uniquement une recherche de liberté, et au vue du comportement des hommes ces derniers temps, la liberté n’est qu’une maigre valeur face à un pouvoir intransigeant sur le verbe.

Comment expliquez vous le lien que vous faites entre liberté et troisième plan ?

Et bien en fait c’est assez clair : vous avez la conscience du pouvoir, de qui le possède, qui le détient, il n’y a qu’à étudier les signes de connaissances, les symboles de force que sont les phrases et les théories. Qui connaît ces schémas, qui les applique, qui sait penser le verbe ? Si vous pouvez répondre à ces questions, c’est en adoptant le regard totalement extérieur du troisième plan. Et en ayant la connaissance de la location de ces pouvoirs érudits, vous créez en votre fort intérieur le choix de suivre ou non ces têtes pensantes. L’homme qui peut choisir son outillage est à la fois maître et esclave, et en même temps ni maître, ni esclave : il est son propre artisan, et sélectionne ce qu’il veut réellement.

Je vois, avec le troisième plan, en étudiant l’utilisation de la sémiologie, on peut voir les rouages. Mais dernière question : quel rapport avec le réseau ?

C’est une très belle question pour conclure… Et bien voyez-vous, j’ai fait un choix en utilisant ma place au troisième plan : j’ai lu maint et maint ouvrages sur ces réseaux sociaux et j’ai eu la liberté jouissive de les refuser, en voyant l’utilisation malhonnête qu’ils ont fait de leur connaissance des mots. Ils opèrent à une transformation abusive de l’ontologie même des termes qu’ils emploient : accueil, amis, tout ces éléments de vocabulaire perdent leur valeur. On peut clairement distinguer l’usage d’un simplisme que Barthes théorise, ils font une utilisation foncièrement mauvaise d’un outil, pourtant neutre, du second plan. Ils font ça au nez et à la barbe des usager, qui sont toujours au premier plan. Je n’impose pas ma vision, mais j’apprécie cette force que mon écriture, et que ce troisième plan m’offre : je peux faire le choix de refuser une vie numérique, car j’en vois les rouages, et croyez moi, ils sont très semblables à ceux d’un ascenseur qui plongerait follement vers les entrailles de la bêtise…

Voilà qui est peu rassurant. Merci pour cette entretien, monsieur Virag, et bonne continuation dans vos écrits !