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la philosophie Marcusienne

Herbert Marcuse s’oppose à l’idéalisme abstrait du libéralisme des Lumières et de Kant. Liberté, plaisir, bonheur doivent s’incarner dans la vie concrète. Il défend un hédonisme critique pour étendre les liberté aux conditions matérielles. « L’hédonisme exige que les potentialités et besoins sensuels de l’homme puisse accéder à la joie individuelle sans culpabilité, ni honte, ni idée de péché », résume Claude Dupuydenus. L’individu à la fois rationnel et sensuel fonde l’idée de bonheur.

Mais Herbert Marcuse critique également l’hédonisme de la société moderne. La satisfaction immédiate des désirs ne fait que stimuler de nouveaux besoins. Ensuite, cet hédonisme marchand semble centré sur l’individu et non sur la construction de véritables relations humaines.

Mais Herbert Marcuse attaque la morale bourgeoise qui n’a pour fonction que de favoriser le développement de la production et de la productivité. Il critique notamment la morale sexuelle. La jouissance et la plaisir sexuel demeurent particulièrement dévalorisés car opposés à la logique du travail. Le plaisir n’a aucun but autre que lui-même. Il s’oppose à la subordination de l’individu au travail et aux contraintes sociales.

Comment mettre en échec le système

Il est troublant de constater qu’Herbert Marcuse, dans son ouvrage L’Homme Unidimensionnel, a pointé l’une des caractéristiques de notre société post-mai 68 : un monde où toute rébellion est neutralisée par avance, anticipée, hyperréalisée dirait Baudrillard, et ainsi tuée dans l’oeuf. Comble du malheur, Marcuse a écrit cela avant les événements de mai 68… La révolution était déjà condamnée.

Rennes, 2016
Rennes, 2016

Aujourd’hui, pourquoi s’opposer au système ? La question est légitime, non pas parce que nous sommes maltraités dans un pays comme la France, mais parce que, nous le sentons bien, toute subversion est devenue impossible. Et cet état d’impuissance nous ronge comme un acide, on en meurt…

Comment s’opposer au système ? Baudrillard, dans son ouvrage L’Echange Symbolique et la Mort, affirmait que la mort volontaire était le seul moyen de mettre en échec un système qui œuvre constamment pour nous maintenir en vie, coûte que coûte, pour des raisons de plus en plus obscures…

Herbert Marcuse, la Perte de Liberté. Mass Media 4/9

Marcuse est un Philosophe de l’école de Francfort, pleinement. Allemand donc, né en 1898 et mort en 1979, il écrira lui autour de Marx et du capitalisme, prônant des idées libertaires. Il aura une influence très marquée sur les mouvements étudiants de la fin des années 60 en Europe et aux États-Unis.

Il critique les répressions opérées et par le communisme, par la bureaucratisation, et par le capitalisme, par la consommation, qui prive de liberté. Dans son Ouvrage « L’homme Unidimensionnel », écrit en 1964, et publié en français en 1968 (tiens, hasard?), il explique l’intégration de la classe ouvrière dans le capitalisme.

A l’heure où les Trente Glorieuses battent leur plein, il parle de la consommation, en lien direct avec l’influence des mass média : Si la consommation à outrance est rendue possible, c’est parce que les mass medias permettent de savoir qu’il y a de quoi consommer ! Il aura beaucoup étudié Freud, et lie la psychanalyse avec son analyse du marxisme.

Se crée ainsi pour Marcuse une uniformisation des désirs et des besoins par le capitalisme, et étant donné qu’il a théorisé le désir, (inventeur du concept selon lequel le sexe serait en fait « Eros », et serait instrumentalisé (image de la femme dans la pub, par exemple)), la réflexion est intéressante. Les individus s’asservissent eux-même, et reproduisent cet asservissement (au fond, consommer, est-ce grave?).

Son influence aujourd’hui est prépondérante aux États-Unis, il est toujours considéré comme un penseur majeur. Néanmoins, en France sa pensée n’a pas le même impact, et pourtant les notions de « consommation » et de « mass media » n’ont jamais été autant présentes. La consommation aujourd’hui tient du domaine audio-visuel. L’invention d’Internet permet à qui veut d’accéder à des vidéos partout, tout le temps,et de manière quasiment infinie (Chaque minute, 100h de vidéos sont chargées sur la plateforme de partage de vidéos « Youtube »). Cette sur-consommation, gratuite, enferme les gens dans un cercle vicieux, et je m’inclus ici dans le lot, il m’est arrivé de perdre deux heures sur Youtube, en regardant vidéos sur vidéos. La question de la perte de liberté est plus que jamais d’actualité.

Sources : http://www.zones-subversives.com/2015/07/herbert-marcuse-philosophe-radical.html

Manipulation publicitaire

Herbert Marcuse est un homme qui va axer sa réflexion sur la société contemporaine, sur la société de masse et la culture de masse. 

Il nous dit que la société occidental contemporaine empêche de manière volontaire tout changement social à l’échelle collective et individuelle (cf L’homme Unidimensionnel). Pour lui cette société va assimiler en elle-même toutes les forces contraires ; elle va donner l’illusion d’une liberté de pensée, d’action mais en fait fait taire la critique. 

Il part du principe que la société crée de faux besoin en uniformisant et en standardisant les pensées et les modes de vie véhiculés par la culture de masse. Ces faux besoin sont des besoins qui font marcher la machine économique (donc capitaliste), dont la pub en premier lieu va pousser les consommateurs à acheter des objets dont ils n’ont pas besoin.99-francs-3621032

L’art de la publicité l’a bien compris. Quand on parle de manipulation et de publicité en même temps, le livre 99 francs de F. Beigbeder me vient automatiquement à l’esprit. Ce livre dénonce totalement ce monde, il est cru, parfois violent dans ses propos mais il nous illustre cette société qui nous connait, qui nous manipule, comment nous allons nous faire tomber dans le panneau ? comment nous allons consommer ?

Le livre, adapté en 2007 est un gros impact également sur notre société. Après les mots qui nous confrontent à la réalité, nous sommes face à des images qui peuvent avoir plus de répercussions.

Ces deux oeuvres nous expliquent en fait l’art de nous manipuler, l’art de nous faire consommer, l’art de tout photoshoper, l’art de nous donner envie, de nous faire jalouser pour quelque chose que nous n’avons pas, que nous pouvons avoir, mais dans le but d’un idéal que nous n’atteindrons jamais.

Cachez ces penseurs que je ne saurais voir.

Le semestre qui vient de s’écouler fut marqué par un cours à l’intitulé mystérieux : nous devions y étudier les « modèles théoriques de la communication de masse ».

Marshall McLuhan, le canadien

Je repars de ce cours avec la découverte d’une grosse dizaine de penseurs dont je n’avais jamais entendu parler. Benjamin, McLuhan, Kracauer, Adorno, Marcuse (dont j’ai acheté et prévu de lire L’homme unidimensionnel), Baudrillard ou Lipovestsky me reviennent en tête au moment d’écrire ce billet.

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Marcuse marque sa cause révolutionnelle

En tant que philosophe, il est avec Herbert Marcuse et Max Horkheimer l’un des principaux représentants de l’École de Francfort, au sein de laquelle a été élaborée la Théorie critique.

En tant que musicien et musicologue, il est représentant de laseconde école de Vienne et théoricien de la Nouvelle Musique. Et c’est en tant que philosophe (esthétique), sociologue, musicologue et musicien qu’il introduit avec Max Horkheimer la notion interdisciplinaire d’industrie culturelle, première traduction en français du titre de l’essai fondateur Kulturindustrie dans La Dialectique de la raison.

La participation d’Adorno à la vie politique de la République fédérale d’Allemagne est marquée par ses désaccords avec la gauche allemande. Se trouve alors mise en cause la possibilité même de son enseignement et de la théorie critique en tant que celle-ci ne serait précisément qu’une théorie de la société, à quoi les étudiants marxistes ou maoïstes opposent l’activisme de la pratique.

Les étudiants ont le sentiment qu’ils sont formés à la théorie critique pour devenir ensuite « des alibis de l’État autoritaire ».

Adorno est pris dans une contradiction, car il refuse de suivre les contestataires, ce qui reviendrait à ruiner la possibilité de la démocratie qui se construit péniblement en Allemagne sur les ruines du national-socialisme, comme il refuse également de faire le jeu des forces réactionnaires en ne reconnaissant pas les raisons du mouvement révolutionnaire.

 

Sources et références :

Wikipédia. https://fr.wikipedia.org/wiki/Herbert_Marcuse

Il n’y a pas que des saucisses à Francfort !

Malgré la réputation de cette ville allemande en matière de saucisses, il faut admettre qu’elle a aussi fait chauffer le cerveau de grands esprits. Un groupe d’intellectuels allemands s’est réunit autour de l’Institut de Recherche Sociale à Francfort à la fin des années 20 comprenant par exemple Max Horkheimer, Theodor Adorno, Erich Fromm ou encore Walter Benjamin.

Le courant de pensée les unissant est assez critique : ils travaillèrent sur la philosophie sociale afin de démonter le capitalisme et de montrer l’intérêt du communisme et l’idée d’émancipation des Lumières. Précisons tout de fois qu’ils souhaitaient se détacher du marxisme orthodoxe (Lénine, URSS) et du marxisme révisionniste (Bernstein).

L’intérêt de cet article est de parler de leur critique des médias.

Selon cette école, en gros, l’homme se retrouve confronté à lui-même dans la société et se combat sous la forme de relations entreprise-salariés et gouvernement-peuple. C’est pourquoi le capitaliste est une société inégalitaire où est régie une logique marchande de concurrence qui pourrait être assimilée à une dictature.

Tout cela assermente l’homme, le cadre et l’anéantit dans ses activités et valeurs sans même qu’il le sache. Même ceux qui sont en haut de l’échelle sociale l’ignorent et sont compris dans cet asservissement global.

Les médias deviennent l’outil de communication par excellence pour faire passer des messages, pour propager ses idées de manière implicite à des fins financières ou culturelles. Ils deviennent standardisés afin que leur reproduction technique soit réalisable comme les films Hollywoodiens par exemple.

Dans l’intérêt du capitalisme aux Etats-Unis, par exemple, des films démontent le communisme en montée à l’est.

L’un des films les plus enclin à la propagande capitaliste est The Red Menace, réalisé par Springsteen, un réalisateur qui fut très prolifique à l’époque et qui enchaîna les tournages selon la cadence hollywoodienne.  Sorti en 1949, ce film est avant-gardiste de la Guerre Froide.

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C’est l’histoire de jeunes amoureux engagés dans le communisme qui quittent et s’enfuient de leur parti sous la menace et le commandement autoritaire de leurs leaders.

Selon la vision assez négative de la société capitaliste de l’Ecole de Francfort, on peut réellement se demander si tous les messages passés dans les médias servent l’objectif de faire de l’argent ou de distribuer des principes et idéaux culturels.

Même dans le cas du bénévolat ou de l’écologie, on sait qu’il existe de grands scandales financiers moraux derrière les campagnes éthiques proposées, c’est pourquoi la question se pose.

 

 

Sources et références :

Wikipédia. https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_de_Francfort

Springsteen, R . (1949). The Red Menace. USA : Republic Pictures.

Le petit blouson en daim d’Herbert Marcuse

Herbert Marcuse (1898-1979) est un philosophe américain et allemand. Il a théorisé l’idée de l’homme unidimensionnel et dénonce la « société industrielle avancée » qui crée le besoin chez l’individu pour l’intégrer à la société de consommation. Dénonciation bien ancrée dans l’univers du groupe Stupeflip.

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Capitalisme : domination ou ambition ?

Herbert Marcuse était un intellectuel allemande du 20eme siècle ayant fait partie de la théorie de pensée de l’Ecole de Francfort. Il est très engagé politiquement et est un des précurseurs de la New Left, une nouvelle gauche rejetant les erreurs du communisme et s’ancrant parfaitement dans le mouvement culturel et social de l’époque : le mouvement hippie des années 60.

Pour lui, la société occidentale empêche de manière volontaire à l’échelle individuel et collectif tout changement social et personnel. Elle veut assurer la pérennité de sa logique capitaliste, c’est une logique de domination.  Cette société va assimiler toutes les forces contraires, illusions d’une liberté de pensée. D’ou le terme d’unidimensionnel. La société ne laisse pas exister ce qui ne s’adapte pas à elle. La société contemporaine se veut démocratique alors qu’elle est sous une logique de domination due à l’industrialisation.

10000dollars

Seulement, c’est comme en politique aujourd’hui : le discours du « Tous pourris » ne fait pas avancer les choses et est un peu simpliste ; ici dire que cette société est vraiment cruelle, ne laisse pas sa chance aux individus et les prive de liberté est un peu facile. Cette société a de nombreux travers c’est vrai, mais elle offre aussi de nombreux avantages. Jamais dans l’histoire de l’humanité autant de personnes ont pu cohabiter avec des standards de vie aussi haut dans les pays occidentaux. La vie que nous offre le système capitaliste, bien qu’elle soit loin de celle dont chacun rêverait au fond de soi, est une vie très confortable, nous ne manquons de rien ! Des vêtements, de l’eau, de la nourriture, des divertissements, etc… Même sans avoir particulièrement réussi professionnellement, nous pouvons jouir de tout cela, ce qui n’est pas donné dans tous les pays.
Ensuite Marcuse affirme que la société empêche volontaire tout changement social et personnel. Ah bon ? L’ascenseur social est-il vraiment bloqué ou est il bloqué pour ceux qui n’ont même pas envie d’appuyer sur le bouton ? Je ne dis pas que pour réussir il suffit de le vouloir, je dis que tout ceux qui ont réussi le voulait, et on compte une multitude d’histoires d’homme et de femmes partis de 0 et ayant aujourd’hui accompli leurs rêves.

mobilite-sociale

Consumerism

« La libre satisfaction des besoins instinctuels de l’homme est incompatible avec la société civilisée ». Herbert Marcuse dénonce ici la société occidentale actuelle qui fera l’objet de la thèse de son ouvrage L’Homme Unidimensionnel. 

En effet, dans son oeuvre, l’auteur met en avant le fait que la socété occidentale contemporaine empêche de manière volontaire tout changement social à l’échelle collective mais également individuelle. Selon lui, elle veut avant tout assurer la pérennité de sa logique capitaliste en assimilant en elle-même toutes les forces contraires. Cela nous donne alors une illusion de liberté de pensé et d’action, mais fait taire toute critique afin de garder une uniformité de pensée.

Le film American Psycho, réalisé par Mary Harron, illustre parfaitement les propos de l’auteur. Il raconte l’histoire de Patrick Bateman, un homme riche, beau, flamboyant golden-boy de Wall Street au sein de la société d’Amérique des années 1980. Le réalisateur dénonce, la société de consommation (ou « consumerism »). Voici ci-dessous un extrait des plus explicites:

Dans cet extrait, on remarque que le quotidien du personnage principal est présenté comme une publicité. Il fait cela chaque matin afin de répondre aux attentes de la société dans laquelle il évolue.

Au cours du film, on peut noter que chaque personnage est en compétition avec ses collègue afin d’avoir le dernier produit à la mode. Par exemple, une scène met en scène Bateman et ses collègues avant une réunion d’affaire. Ceux-ci comparent minutieusement leurs cartes de visite et la voix off représentant les pensées de Bateman nous font remarquer que la compétition est omniprésente dans ce monde de consommation… ci-dessous l’extrait:

De ce fait, le film illustre très bien la société de consommation d’Amérique ou « consumerism », où l’homme est uniformisé et condamné à entrer dans un moule.