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Doit-on se libérer du libéralisme ?

Lipovetsky remet en cause le concept de post-modernité considéré comme ambigu et même inadéquat. En réalité, c’est une hyper-modernité, une « modernité superlative » et effrénée qui caractérise, à ses yeux, le nouveau moment historique des sociétés libérales.

Toutes les anciennes entraves à la modernisation sont tombées et il n’existe plus de système alternatif crédible et légitime à la modernité démocratique et marchande : c’est le temps de la modernité achevée, sans contraire, dérèglementée et globalisée.

Cette seconde révolution moderne est celle qui, réconciliée avec ses principes de base (la techno-science, la démocratie, les droits de l’homme, le marché) est emportée par un processus hyperbolique de modernisation de la modernité elle-même. Ce qui veut dire toujours plus de concurrence, toujours plus de compétition, de marchandisation, de mobilité et de flexibilité.

L’hypermodernité se présente ainsi sous le signe de l’excès, d’une montée aux extrêmes dans les sphères les plus diverses de la vie sociale et économique,médiatique, artistique et sportive (dopage). Même la vie individuelle n’y échappe pas comme en témoignent la boulimie, les « anarchies » alimentaires et addictions en tout genre.

Pour Lipovetsky, la seconde révolution individualiste s’exprime dans les mœurs, dans la mode, mais aussi dans la sphère éthique marquée par l’effondrement des idéaux sacrificiels et la montée d’une éthique indolore et circonstancielle, plurielle et émotionnelle.

Toutes les anciennes entraves à la modernisation sont tombées et il n’existe plus de système alternatif crédible et légitime à la modernité démocratique et marchande : c’est le temps de la modernité achevée, sans contraire, dérèglementée et globalisée.

Cette seconde révolution moderne est celle qui, réconciliée avec ses principes de base (la techno-science, la démocratie, les droits de l’homme, le marché) est emportée par un processus hyperbolique de modernisation de la modernité elle-même. Ce qui veut dire toujours plus de concurrence, toujours plus de compétition, de marchandisation, de mobilité et de flexibilité.

 

Sources et références :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gilles_Lipovetsky

Black Mirror, concrétisation de la pensée de McLuhan

Marshall McLuhan (1911-1980) est un intellectuel canadien qui s’est consacré à l’étude des médias de masse et de leur puissance. Il développe l’idée suivante : les médias nous renseignent sur l’homme social en ce que ces médias contribuent à le déterminer. Les médias sont une extension de l’individu. Une idée dont la série télévisée Black Mirror s’empare.

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Le Spectacle de la Vie

Le scandale de la projection du film Traité de bave et d’éternité d’Isidore Isou au festival de Cannes (avril 1951) marque le jeune Debord et lui ouvre le champ de création qu’est le cinéma, le poussant à participer aux activités du mouvement lettriste, participation qui prendra fin en novembre 1952 à la suite d’un autre scandale, le « scandale Chaplin ».

Les « internationaux » lettristes incarnent une sorte de Saint-Germain des Prés souterrain, loin des projecteurs braqués sur le Tabou et Les Deux Magots, vivant de façon clandestine leur refus de la norme sociale dans un Paris de l’après-guerre.

Les urbanistes pour lequel ces lettristes se passionnent, y voyant le décor possible, à condition de l’étendre et de l’aménager, pour une future civilisation du jeu qui semble à même de se réaliser dans l’avenir.

Le bar Chez Moineau, rue du Four à Paris, devient leur quartier général. Plusieurs livres témoignent de cette période, notamment écrits, comme ceux de Jean-Michel Mensiondans Le Temps-gage ou de Patrick Straram dans Les bouteilles se couchent, ou de photos, comme celui du Hollandais Ed van der Elsken Love on the left bank. Debord.

« Le concept de dérive est indissolublement lié à la reconnaissance d’effets de nature psychogéographique, et à l’affirmation d’un comportement ludique-constructif, ce qui l’oppose en tous points aux notions classiques de voyage et de promenade. »

 

 

Sources et références :

Wikipédia. https://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_Debord

Stupeflip: Survivre hors des médias de masse… ou mourir

Stupeflip est un groupe français formé en 2000 et composé de Julien Barthélémy (dans son rôle de King Ju), Stéphane Bellenger (dans son rôle de Cadillac) et Jean-Paul Michel (dans son rôle de MC Salo). Le style musical du groupe est varié: rap, pop, fusion et variété, mais trouve ses influences également du côté de Bérurier Noir, du hip-hop et du punk, le tout ponctué de sons expérimentaux créés par King Ju.
L’une des caractéristiques majeures de ce groupe est la volonté assidue de ses membres de se détacher des star-system et studio-system de l’industrie musicale. Cette volonté se traduit notamment par une méfiance envers les médias de masse.

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Walter déterre la photographie

La photographie permet de prendre des clichés d’un moment figé et ainsi de capter presque à l’identique la réalité. D’abord utilisée à des fins sociales pour remplacer le portrait dans la peinture, elle deviendra ensuite une forme d’art à part entière mais aussi un moyen de communication de masse très privilégié.

Pourquoi la photographie serait-elle diffusée en masse ? Quels sont ces avantages ?

La question tombe sous le sens. Elle permet simplement de retranscrire la réalité et illustre donc visuellement directement des scènes importantes politiques ou sociales par exemple dont la masse, le peuple dans son hétérogénéité s’intéresse.

C’est l’un des sujets auquel s’intéresse Walter Benjamin dans Petite Histoire de la Photographie. Il s’interroge sur la réception de la photographie par rapport au public. L’auteur avant-gardiste philosophe et historien de l’art visualise l’importance que tiendra la photographie dans la société.

Dans un passage de son livre, à partir d’un cliché de la vie de tous les jours d’une jeune femme, il montre l’intérêt que prend la vie qui se cache derrière le moment figé éteint.

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« Mais la photographie nous confronte à quelque chose de nouveau et de singulier : dans cette marchande de poisson de Newhaven, qui baisse les yeux au sol avec une pudeur si nonchalante, si séduisante, il reste quelque chose qui ne se réduit pas au témoignage de l’art de Hill, quelque chose qu’on ne soumettra pas au silence, qui réclame insolemment le nom de celle qui a vécu là, mais aussi de celle qui est encore vraiment là et ne se laissera jamais complètement absorber dans l’“art. »  – Walter Benjamin

La photographie capture un instant présent net car instantané (avec la bonne vitesse d’obturation), seulement la vision qu’on en a est flou car on n’a pas réellement vécu la scène de la photographie. Il faut avoir la curiosité d’imaginer, de contextualiser la photographie pour qu’elle prenne son sens, c’est tout son intérêt et c’est ce qui en fait d’elle un médium très subtil. Une photographie touche ceux qui se lie à elle , ceux qui eux-même la touchent des yeux et de l’âme.

« Le spectateur ressent le besoin irrésistible de chercher dans une telle image la plus petite étincelle de hasard, d’ici et maintenant, grâce à quoi la réalité a pour ainsi dire brûlé de part en part le caractère d’image – le besoin de trouver l’endroit invisible où, dans l’apparence de cette minute depuis longtemps écoulée, niche aujourd’hui encore l’avenir, et si éloquemment que, regardant en arrière, nous pouvons le découvrir. » – Walter Benjamin

La photographie peut ainsi être utilisée par sa subtilité pour faire passer des messages. Et dès lors qu’elle sera industrialisée et rendu accessible au début du XXème siècle, c’est l’usage qui se fera d’elle, en tant que vecteur de diffusion d’idées et d’informations.

La photographie sera employée en pleine effervescence d’actualités amis aussi en tant qu’archive historique.

« Ce que la photographie reproduit à l’infini n’a lieu qu’une fois » – Roland Barthes

Le rapport au réel passé ; cette envie de montrer le passé véritable ; cela se retrouve dans le néo-réalisme italien au cinéma. Même si les scènes sont issues de la fiction, elles sont tournées dans l’idée de présenter le passé en état, d’adopté une position nouvelle réaliste entre scénario, réalité et documentaire.

Cela s’illustre merveilleusement bien dans cette scène de Stromboli de Rossellini où l’on assiste à une pêche au thon qui n’a pas grand intérêt par rapport à la trame de l’histoire mais qui retranscrit les usages et mœurs de l’époque en tant que trace historique.

https://www.youtube.com/watch?v=9897YVabeI8

On peut finalement se questionner sur le rapport du beau, de l’art et de l’utile, de l’information transmise au sein des photographies. Serait-ce plutôt le beau ou l’utile qui permit à la photographie d’être utilisée en tant que support dans la culture de masse ?

 

Sources et références :

Wikipédia. https://fr.wikipedia.org/wiki/Walter_Benjamin

Wikipédia. https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9or%C3%A9alisme_(cin%C3%A9ma)

Benjamin, W. (1931). Petite Histoire de la Photographie. Die literarische Welt

Rossellini, R. (1950). Stromboli. Italie : Berit Film, RKO.

Comment j’ai développé mon esprit critique

Il est tentant de boire les paroles des grands penseurs tels qu’Adorno, que McLuhan, que Baudrillard etc. Il est facile de partir du principe qu’ils ont raison, ça nous évite de réfléchir et nous pouvons briller en soirée en critiquant les médias avec une aisance folle.

Mais dans le cadre du cours Modèles théoriques de la communication de masse, j’ai appris à critiquer. Et non pas à critiquer les médias (ah si, en fait), mais à critiquer les auteurs et leur pensée. Chose que je ne me serais pas permise de faire avant. J’ai beaucoup appris grâce à leurs théories, mais j’ai encore plus appris en les remettant en question.

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Mr. Marketing se croit tout permis !

Comment créer une relation entre le consommateur et le vendeur afin d’optimiser les ventes à long-terme ?

C’est la question que se pose Mr. Capitalisme, qui souhaiterait augmenter ses apports et ses rendements.

Petites explications autour des démarches de diffusion marketing :

De manière populaire, la culture des entreprises, c’est-à-dire leurs démarches et productions, se répand communément dans la foule grâce au marketing physique (les magasins, les prospectus, les cartes de fidélité, etc.…), c’est une pratique avérée ancestrale que l’on voit tous les jours.

Sur internet, en revanche le marketing est immatériel et se propage par le biais de fichiers informatiques (photos, vidéos, texte). La publicité passe par les réseaux-sociaux (Facebook, etc…), par les sites internet informatifs (Konbini, Le Monde, etc…), par les plateformes de contenu vidéo (YouTube, Viméo, etc…), et enfin par les sites officiels sur les boutiques en ligne. Toutes ces communications étant potentialisées grâce aux systèmes de sauvegarde de données d’internet qui permettent de mieux cibler les produits en fonction des consommateurs référencés.

Mais pour nouer une relation producteur-consommateur, il est nécessaire d’obtenir un contact individualisé à long terme, comme dans les relations humaines. Les mails répondent à cette attente et constituent un moyen de marketing qui illustre parfaitement la notion de culture de masse.

La masse correspond à un ensemble d’individualité qui ne partage pas les mêmes préférences. C’est un agglomérat global d’individus potentiellement consommateurs considérés en dehors de leur appartenance professionnelle ou sociale. Dans l’idée du marketing, la culture de masse va chercher à obtenir le plaisir du public pour attirer à la consommation tout en prenant en considération son hétérogénéité.

Les mails permettent d’envoyer à une masse d’individus des informations individualisées selon des algorithmes travaillés pour que la communication ait un impact sur la vie privé du consommateur. On appelle cela le Marketing de Permission, c’est-à-dire que le consommateur et le producteur vont se lier dans une relation purement commerciale qui profite aux deux parties.

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Cette relation est artificielle car les mails envoyés par l’entreprise sont issus d’algorithmes mathématiques. Seulement le contenu de ces mails tend à montrer une certaine part d’humanité afin de saisir l’attention du consommateur. Les formules de politesse utilisées permettent de faire comme si une réelle interaction avait lieu et il arrive même parfois que des inexpérimentés d’internet répondent à ces mails pourtant diffusés en masse !

Cela reflète l’intérêt de la culture de masse, à opposer avec la culture populaire.

Seth Godin est un entrepreneur américain né en 1960 qui a travaillé de manière théorique sur le marketing et qui a notamment popularisé cette notion de marketing par permission.

 

“Before a marketer can build trust, it must breed familiarity. But there’s no familiarity without awareness. And awareness—the science of letting people know you exist and getting them to understand your message—can’t happen effectively in today’s environment without advertising.” 
― Seth Godin.

 

Sources et références :

Wikipédia. https://fr.wikipedia.org/wiki/Marketing_par_courriel

Godin, S. (1999). Permission Marketing: turning Strangers into Friends and Friends into Customers. 

Fast-thinking, le fléau des médias ?

Pierre Bourdieu (1930 – 2002) est un sociologue français dénonçant la façon dont l’informulation circule dans notre société contemporaine. Et ce, au travers de ce qu’il nomme le fast-thinking. Bourdieu définit ce dernier comme un contre-la-montre. Les équipes rédactionnelles des journaux, qu’ils soient télévisés ou radiophonique, trient les informations qui seront présentées au spectateur ou à l’auditeur au cours de la journée et, principalement, aux informations données à certaines heures en particulier où l’audimat grimpe « naturellement »: le matin et la fin d’après-midi pour saisir les travailleurs qui sont sur la route, le midi ou le soir à l’heure des repas. Mais n’est-ce pas qu’une façade ?

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À quoi ressemble réellement le monde ?

Marshall McLuhan, intellectuel et professeur du XXème siècle, émet la théorie des médias. Son postulat fondamental repose sur la notion de l’équilibre des sens, équilibre qui serait présent chez l’enfant comme chez le primitif, mais que les technologies et l’éducation perturbent, en donnant la primauté à la vue dans l’école traditionnelle, puis à l’ouïe depuis l’apparition de la radio et, enfin, au système nerveux central depuis l’arrivée de la télévision. Il va même plus loin. Selon lui, les média connaissent une hiérarchisation en fonction de l’ampleur des effets qu’ils ont sur le public. Avec la technologie de l’électricité, « nous approchons rapidement de la phase finale des prolongements de l’homme : la simulation technologique de la conscience. Dans cette phase, le processus créateur de la connaissance s’étendra collectivement à l’ensemble de la société humaine, tout comme nous avons déjà, par le truchement des divers média, prolongé nos sens et notre système nerveux. »

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