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Culture de masse et cinéma : Weimar / Iran

Siegfried Kracauer (De Caligari à Hitler, 1947) interprète le cinéma de la république de Weimar comme l’expression des attentes inconscientes de la société allemande. C’est-à-dire que les réalisateurs comme Fritz Lang ont essayé de faire ressortir de leur film la souffrance et la volonté de la population allemande.

Mais encore, aujourd’hui nous pouvons appliquer l’analyse de Kracauer sur le cinéma de Weimar au cinéma iranien. Prenons par exemple Asghar Farhadi né en Iran en 1972 à Isfahan. Son cinéma est dans la même ligné que celui de Fritz Lang.

Leur cinéma rend compte du problème des masses. Il est un média qui peut influencer la culture de masse. Voici le passage d’une interview de Farhadi consacré au Monde :

Depuis 2009, votre pays semble plongé dans une sorte de dépression…

Je ne dirais pas que l’Iran souffre d’une plus grande dépression que d’autres pays. Cependant, si je compare l’Iran d’aujourd’hui à celui d’il y a quelques années, il me semble que les Iraniens vont mal. Mais ils ne sont pas résignés. Il y a encore beaucoup de gens qui continuent de se battre dans l’espoir de jours meilleurs. Je n’aime pas ce cliché qui présente les Iraniens comme des gens désemparés et passifs, qui acceptent tout ce qu’on leur inflige. Ce que nous traversons aujourd’hui est un passage obligé. Mais toute cette énergie ne sera pas perdue.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/festival-de-cannes/article/2013/05/17/asghar-farhadi-je-veux-vivre-en-iran_3285983_766360.html#k6ZywEpCQRTmIoIe.99

 

C’est en partant des « manifestations discrètes de surface » qu’il devient selon lui possible de déterminer le « lieu qu’une époque occupe dans le processus historique » explique Kracauer. Peut-être que le cinéma de Farhadi est une manifestation discrète de surface…

 

 

 

Une histoire psychologique du cinéma allemand

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Dans De Caligari à Hitler,  Siegfried Kracauer analyse le cinéma expressionniste, et tente d’y déceler tous les symptômes qui prédisaient la montée du nazisme et les horreurs de la seconde guerre mondiale.

Kracauer y décortique (entre autres) Le Cabinet du docteur Caligari et Metropolis, tentant parfois de faire plier les oeuvres analysées à la vision qu’il en a.

Cependant, le mouvement expressionniste ne peut pas être arraché à son contexte historique, surtout en Allemagne. Un mouvement artistique véhiculant un malêtre de cette violence ne peut qu’être le symptôme du malêtre de tout un peuple, d’une époque.

Ainsi, il me semble que l’expressionnisme allemand est bien la voix d’une nation, portée par les artistes et ne peut donc qu’avoir été annonciateur des évènements des années 30 et 40 en Allemagne et dans le reste de l’Europe.

 

 

 

 

 

 

Et un petit cadeau du soir :

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Siegfried Kracauer

Re-bonjour !

Dans cet article nous parlerons de Siegfried Kracauer.

Siegfried Kracauer est un journaliste, sociologue et critique de films allemand.  Il est né à Francfort le 8 février 1889 et est mort le 26 novembre 1966 à New York à l’âge de 77 ans. AVT_Kracauer-Siegfried_2246

En 1947, il publie De Caligari à Hitler, une histoire de psychologie allemande.  Cet ouvrage fondamental ouvre une porte entre le cinéma et les états psychologiques qui bouleversent la société allemande. Ces éléments en font un texte majeur sur la sociologie allemande.

Kracauer ne s’intéresse pas au films pour leur esthétisme mais pour leurs partis pris stylistiques. En effet, grâce à cela, il montre aux grand jour les problèmes sociaux et psychologiques que subit l’Allemagne de l’époque de façon symptomatique.  Le but du livre de Kracauer n’est pas de faire une recherche esthétique mais une recherche politique qui s’explique par le « dégoût » du peuple allemand suite à la défaite de la première guerre mondiale et du traité de Versailles.

Mercibeaucoup et à bientôt !