Archives pour l'étiquette Mitchell

Kubrick, couleurs, et quelques mots.

On utilise massivement le mot « image », hors, ses significations sont multiples : phénomène optique ou graphique, métaphore purement verbale…

Mitchell est l’intellectuel qui a su poser des différenciations claires, théorisées en bonne et due forme, et il a précisé les études de ces domaines par le Visual Studies, l’étude des médiums visuels (du cinéma aux jeux-vidéos).

Dans ce supercut, réalisé par Rishi Kaneria, on peut observer l’utilisation que fait le méticuleux réalisateur Stalney Kubrick des couleurs dans la composition de ses plans.
Le rouge, couleur récurrente de la filmographie du réalisateur, apparaît pour des scènes de violences, de passions, alors que le bleu, couleur plus froide, est liée à des scènes plus planantes ou résolument tristes, comme les discussions de lit du couple Kidman-Cruise dans Eyes Wide Shut.

Ces analyses peuvent sembler évidentes, parfaitement claires, mais il faut remarquer que leur existence résulte aussi des théories de Mitchell. Le cinéma Kubrick est un exemple parfait pour matérialiser le Pictural Turn, cet expression qui désigne l’idée que le langage visuel a un rôle prédominant face au langage verbale.

De Kubrick, on retient l’esthétique, pas les dialogues. Il existe très peu de répliques fortes, employées comme citations, et pour cause : ce qui est le plus parlant chez ce réalisateur, c’est le cadre, les couleurs, les images. Elles résument à elles seules les émotions, l’action, les pensées des personnages.

L’image porte donc une force de signe bien supérieure à ce qu’on pourrait imaginer de prime abord, et elle a cela d’insidieux que son impact est, très souvent, inconscient.

Shakespeare et le théâtre anglais

William Jones Thomas Mitchell parle de medium national en illustrant ces propos avec le photographe Américain Robert Franck.

Il entend par médium national un artiste qui représente un pays ou une culture dans son œuvre.

Ainsi, le nom du personne suffit d’elle-même pour illustrer ce médium, et le pays auquel il est rattaché.

Prenons par exemple William Shakespeare.

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Depardieu, la France

French actor Gerard Depardieu at the TV show "Les Rendez-vous du dimanche". Paris, FRANCE - 16/01/1978
French actor Gerard Depardieu at the TV show « Les Rendez-vous du dimanche ». Paris, FRANCE – 16/01/1978

Demandez à un étranger de vous décrire, pour lui, le stéréotype du citoyen français, il y a de fortes chances pour qu’il vous décrive plus ou moins le portrait de Gérard Depardieu, acteur français qui a marqué le cinéma français depuis près de 50 ans. Pourquoi ? Parce que Depardieu, avec ses habitudes et son comportement représente toutes les idées que les autres pays du monde se font de la France : il aime bien boire, bien manger, c’est un bon vivant, il fait la grève (à sa manière, c-a-d partir en Russie) et aime la baguette de pain !

Martin Freeman

William John Thomas Mitchell, un professeur d’histoire de l’art et de littérature à l’université de San Fransisco a émis une théorie la dessus, proposant l’idée que certaines personnes peuvent se démarquer dans chaque domaine / pays, et en devenir des images, des reflets, ces personnes deviennent alors des « médiums naturels ».

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Nous pouvons prendre l’exemple de l’acteur Martin Freeman pour l’Angleterre de nos jours, mais nous remarquons aussi que ces personnalités peuvent changer au fil du temps. Les personnes pouvant representer un pays à une époque ne sont pas les mêmes à une autre époque, dans le cas de l’Angleterre, l’homme politique Winston Churchill est surement plus approprié pour symboliser le 20eme sciècle.

On touche avec les yeux

W.L.T. Mitchell, professeur d’histoire de l’arts et la littérature, il était également iconologue. Il prétendait que les images sont des êtres animés par des désirs et/ou des besoins.
Aujourd’hui nous vivons dans un monde de l’image, et celles-ci nous influencent quotidiennement jusqu’à nous manipuler. Les photomontages, effets spéciaux, les retouches sont des outils de manipulation majeurs.
De très réalistes photomontages arrivent encore malgré leur ancienneté à tromper de nombreuses personnes, par exemple dans la presse people, les fausses paparzzade lorsque l’on fait croire au public que telle personne était avec telle personne à un moment donné avec pour base de cela seulement deux photos de ces personnes séparés, ou encercles lieux de vacances commet les hôtels, ou sur leur site on découvre un cadre tout à fait charmant, à l’arrivé on s’aperçoit que le dépotoir à côté de l’hôtels, le lieux non entretenu, sont très bien photoshopés.

Ici les enjeux de ces photomontages ne sont pas réellement dangereux, mais certaines images modifiés ou non peuvent avoir un réel incident politique, ou créer une peur, une vie etc.
Récemment la une de valeur actuelle à trompé son public en illustrant sa page de couverture d’une photo de djihadistes qui d’après le titre seraient en France, or la photo avais été prise à Tunis.original.82203.demi

Rêve et image mentale

William John Thomas Mitchell est né en 1942 aux États-Unis. Ce philosophe consacre une grande partie de sa vie à une réflexion théorique et généalogique sur l’image et le son. Celle-ci met principalement en rapport image et language et étudie leur rapport avec la culture.

Dans son ouvrage Iconologie: image, texte, idéologie, l’auteur définit l’image comme un mot massivement utilisé mais aussi une grande famille dont chaque membre serait éloigné et auraient subit une mutation. Cette famille d’image serait composée de cinq membres: l’image graphique, optique, mentale, perceptible et verbale.

Je vais aujourd’hui m’attarder sur un type d’image, l’image mentale. Cet type d’image utilise une partie des circuits nerveux desservant la modalité sensorielle correspondante: la motricité, la vision, l’audition, etc. Plus clairement, les images mentales sont les représentations cérébrales enregistrées ou imaginées d’un objet, d’un concept, d’une idée ou d’une situation.

Cette image se fait en l’absence du support de l’objet de la perception, elle est donc différente de la perception. Denis, un philosophe, décrit l’image mentale comme « une action intériorisée », une association de connaissances, de mots ou d’évocation.

Par exemple, le rêve est une image mentale. Combien de fois vous êtes-vous réveillé en vous posant la question du sens de votre rêve? La plupart du temps, ceux-ci n’ont ni queue ni tête et regroupent des éléments que l’on a éprouvé, vu, ou ressenti.

Sigmund Freud, propose dans son livre Sur le rêve, une approche certaine du rêve. En effet, il donne une grande importance à celui-ci et affirme que pour se connaitre, une interprétation de nos rêves est plus que nécessaire. Bien sur, sa réflexion va bien plus loin, mais je vous laisse la liberté de découvrir sa position à ce sujet par vous même.

On ne croit que ce que l’on voit

On se borne à décrire le monde d’aujourd’hui comme un monde d’image, bientôt dirigé par la génération Y, nous poussant vers une utilisation excessive de la technologie, allant ainsi vers un manque de réflexion et d’analyse, dans un monde virtuel dominé par les images.

Mais finalement les images ne sont elles pas là depuis le début ? S’inscrivant dans notre société depuis bien plus longtemps ? Selon Mitchell les images ne sont pas que des objets inertes empreints de significations, mais bien des êtres animés par des désirs, des besoins et des revendications.

091214064441385005055821Depuis la nuit des temps les image sont autour de nous. Elles nous transportent, nous nourrissent et nous influencent. Le dessin par exemple était un moyen de communication avant l’apparition des mots. C’est elles qui nous transmettent le savoir sur des civilisations disparues telles que les égyptiens avec leurs hiéroglyphes. D’autant plus que c’était une civilisation en avance en bien des domaines, peut être que le principe de représentation en était une également, boostant ainsi la créativité et en cela la génération d’idée et d’innovation. La religion se rapproche également des images avec les icônes come dans l’église Byzantine créant ainsi un lien et une appropriation plus aisément à travers ces représentations.

En cela un monde sans image serait impossible, puisqu’elles sont interdépendantes de nous et de la vie qui nous entoure, digne de croyance.

La MANIPULATION PAR L’IMAGE

Aujourd’hui les medias nous manipulent en permanence de plusieurs manières différentes. Sur Internet on peut trouver tout et n’importe quoi, c’est le support idéal de la désinformation. Rumeurs, articles sans sources, fausses vidéos, photomontages, tout y passe.

 

Nous conférons tellement de pouvoir aux images que nous arrivons à croire tout ce qu’on nous montre. Pour le philosophe Mitchell, iconologue, les images sont des “êtres animés par des désirs, des besoins et des revendications”. Selon lui, les images sont le support idéal pour véhiculer des idéologies.

Dans cette vidéo, on peut voir trois exemple de manipulation par l’image. Cette manipulation peut avoir des répercussions, en effet dans le premier exemple, on va jusqu’à la simulation de l’exécution d’un otage américain. La vidéo est en réalité entièrement fausse. Diffusée sur Internet sans explications, elle a provoqué la panique chez les internautes durant quelques heures.

Ensuite, aujourd’hui, le grand nombre de site de retouches photos augmente le pouvoir des images à nous faire croire ce qu’on veut. On peut faire croire à la présence de certaines personnes à des évènements, alors qu’on les a Screen Shot 2016-01-14 at 23.12.20juste rajouter une fois la photo prise. On peut également supprimer des personnages, si on estime que leur presence n’ont pas d’importance, comme sur la photo ci-contre.

Avec une image, en enlevant quelques éléments, ou en en rajoutant, en changeant les couleurs, etc, on peut idéaliser une chose, un lieu. On est alors trompé et manipulé par l’image comme sur cette photo.

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Esquisses de Mitchell

 

Qu’est-ce que les « visual studies » ?

 

W.J.T. Mitchell, professeur d’art à l’université de Chicago fut une figure du « tournant pictural » : expression selon laquelle l’analyse de l’image marque une avancée dans la compréhension du monde et de ses formes.

Car Mitchell fait le constat dans son époque (années 80-90) de l’importance des images dans une société où les écrans sont prolifiques avec l’éveil de la technologie et son utilisation de plus en plus accessible.

Il traite de l’iconologie dans ses écrits tels qu’Iconologie, texte et idéologie, et Que veulent les images ? en cherchant à étudier les images tout en tenant compte de leurs implications techniques, sociales et politiques par rapport au visuel.

 

Que ce serait-il passé si Mitchell avait analysé par ses méthodes picturales des œuvres d’Henri de Toulouse-Lautrec, le célèbre peintre dessinateur lithographe qui arpenta Montmartre à la fin du XIXème siècle ?

Le fait est que son Œuvre serait intéressante à analyser pour Mitchell car lui permettrait d’illustrer ses propos théoriques sur le visuel.

Celle-ci est très riche et montre parfaitement les conditions de vie de l’époque sous un réalisme certain et un trait de crayon reconnaissable.

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Au Moulin Rouge, la Danse (1890) est une huile sur toile dépeignant la grande salle principale du cabaret le Moulin Rouge en pleine soirée dansante.

 

Mitchell analyserait d’abord la source de l’œuvre, puis sa forme et son fond et terminerait par traiter de sa puissance : de ses influences et aboutissements.

Par son travail analytique, il conclurait que le réalisme de retranscription du réel est certain, car effectué par un postimpressioniste habitué du Moulin Rouge, et donc qu’elle est une excellente représentation de ce qui se faisait à l’époque.

Il se servirait de la véracité de cette œuvre afin de parler au niveau social de la relation existante entre la bourgeoisie et la prostitution durant la révolution bohémienne.

Et enfin il chercherait à connaitre les influences qu’eut ce style de vie au près des générations suivantes par rapport à son contexte historique et chercherait à savoir quels en sont les restes de nos jours.

 

Théories très contemporaines : après tous les travaux menés par les structuralistes sur le langage, on aura bien compris que Mitchell, lui, se propose à déstructurer l’image.

Un auteur à lire, sans aucun doute, pour toute personne qui appréhende l’étude des comportements sociaux et de la communication.

Sa dernière traduction française date de 2014, Que veulent les images. Une critique de la culture visuelle : à voir de près pour les intéressés.

 

 

Sources et références :

Mitchell, W. (2009). Iconologie. Image, texte, idéologie. Paris : Les Prairies ordinaires.

Mitchell, W. (2014). Que veulent les images. Une critique de la culture visuelle. Paris : Presses du réel.

Toulouse-Lautrec, H. (1890). At the Moulin Rouge, The Dance. [Huile sur toile]. Philadelphie : Philadelphia Museum of Art.

Enfant de l’internet

 

thug lifeW.J.T Mitchell a été professeur d’histoire de l’art à Chicago, il a émis plusieurs théories sur le rapport entre l’image et le langage. La partie théorique qui va nous intéresser ici est le rapport étroit entre l’image d’un être émise et ce qui est perçu par le spectateur

 » Internet je suis ton enfant »

Pour ne  reprendre que les mots d’ SLG (émission  de critique vidéos a teneur humoristique sur Youtube), suite à la démocratisation d’internet avec tous les outils de créations mise à notre disponibilité de nombreuse « mascotte » plus communément appelé MEME par la communauté.
On peut définir le MEME comme un élément culturel récurent (au sens d’internet). Continuer la lecture de Enfant de l’internet

Quand l’alphabet est pris d’assaut par les images

L’ère du numérique impose aujourd’hui à quiconque souhaite se faire remarquer, d’être compris efficacement et ce de manière rapide, simple et efficace. Il est aujourd’hui difficile de se démarquer sur le net, l’échange et le flux de l’information sont si rapide qu’il est de plus en plus difficile d’innover et donc de sortir du lot, de séduire. Ce surplus d’information accessible à tous impose donc une manière différente de communiquer, un partage de l’information basé sur la rapidité et la clarté  de la transmission des messages. Dans ce monde ultra connecté où le temps n’a plus sa place, il convient de communiquer efficacement. C’est là qu’interviennent les signes.

le langage iconographique impacte immédiatement notre subconscient, nous n’avons plus à porter attention aux messages codés, puisque les signes sont la traduction visuelle de l’écrit. celui-ci ci est donc bien plus impactant, compréhensible et attrayant. L’image impose la représentation que l’on se fait d’elle, tandis que le langage écrit nous force à nous créer une représentation mentale kinesthésique, visuelle ou auditive. Voyez par vous même l’efficacité du code de la route, du langage des signes, des logos etc…college2

Les lettres sont un ensemble de 27 signes permettant le codage descriptif d’une chose, d’un ressenti, d’un procédé… Le langage écrit est le code de l’image. Tout comme le langage binaire, simpliste, code pour l’information qui ne prend son sens qu’une fois décodée par un programme. Les images sont elles en phases de prendre le dessus sur l’alphabet ? La société est-elle en phase de s’orienter vers l’information analphabète ?

L’analyse novatrice faite par W. J. T. Mitchell amorce dans la culture moderne un renouvellement des approches et des conceptions de l’image.