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situationnisme / néoréalisme

Guy DEBORD était un intellectuel inclassable, il n’était ni philosophe, ni sociologue, il se définissait comme étant un rebel, enragé ou stratège. C’est un des créateurs du mouvement situationniste. Le situationnisme est un mouvement d’avant-garde apparut dans les  années 50, dans un contexte de révolte contre l’emprise de la logique capitaliste ainsi que sur tous les aspects de la vie et prône une révolte sur la marchandisation de notre existence.

Ce mouvement a été influencé par d’autres mouvements en marge tel que le corpuscule marxiste,  et anarchiste. Ce mouvement d’avant-garde a pour essence, but de lutter contre tout ce qui a été établie antérieurement, c’est une approche marqué par la radicalisation.

Le postulat de base de ce mouvement est que les moments de vie peuvent faire œuvre, être mis en scène, le quotidien peut donc faire  l’objet d’un spectacle. Il va transformer les moments simples du quotidien en situation et ainsi réinvestir l’espace urbain qu’il juge devenu trop lisse, l’incarnation de la marchandisation notamment avec la présence de publicité.

On peut relier se mouvement au mouvement cinématographique du néo-réalisme. Le néo-réalisme  est apparu en Italie, il est lié au contexte sociale et  historique puisqu’il est né au lendemain de la Second Guerre Mondiale. La principale caractéristique de ce mouvement est de représenter les réalités quotidiennes dans ce contexte social, en adoptant une position plus ou moins importante entre un scénario établi, la réalité et le documentaire. Les acteurs n’étaient pas professionnels, c’était des personnes qui se trouvaient dans la rue. Il y a d’autres caractéristiques, se sont le regard du réalisateur sur un individu face à la collectivité, une affection pour la narration ainsi que l’analyse lucide de scène difficile et enfin une critique ouverte à l’autorité en place.
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Par certain point, on peut voir que le mouvement duquel fait partis Guy DEBORD peut être rattaché au mouvement néo-réaliste.

De Kracauer à Godard

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Le Petit Soldat, 1963.

Siegfried Kracauer né en 1889 et décédé en 1966 était un ami de Walter Benjamin. Il fu l’un des critiques de cinéma les plus influents de son époque. Son livre, « Siegfried Kracauer’s American Writings » regroupe des essais de critique culturelle sur le cinéma, la littérature et la théorie des médias. Il l’écrit au début du XXe lors de son passage en Amérique après avoir fui l’Europe occupée par les nazis. Dix ans après son arrivée aux Etats-Unis, Kracauer commente les développements dans le cinéma américain et européen. En apportant sa vision sur le film noir et le néoréalisme, il examine les tendances politiques troublantes dans le cinéma grand public. Il passe en revue les expériences contemporaines de cinéastes avant-gardistes. Sa réflexion sur l’état des arts et des sciences humaines dans les années 1950 l’a dirigé à plusieurs reprises dans des débats sur la culture juive afin de démêler les stéréotypes nationaux et raciaux.

Perceptible de manière anecdotique, c’est plus tard avec « Histoires du cinéma » (1999) que Godard semble s’être détourné de la conception kracauerienne de la « rédemption de la réalité par l’image cinématographique ». Cette notion est une réflexion inédite sur la spécificité de l’art cinématographique. Elle permet de mettre en scène le flux de la vie au sein d’un monde de plus en plus susceptible de facilement disparaître. On pourrait dire que Godard aspire à la conception de l’Histoire selon Walter Benjamin.