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Les chiffres peuvent parler !

Les chiffres arabes que nous utilisons tous les jours s’inscrivent complètement dans nos dialogues et nos écrits. Mais lorsqu’on les note de manière littérale (vingt-trois plutôt que 23), ils n’ont plus le même message. C’est-à-dire que lorsque la forme change et que le fond reste le même, l’information que délivre le nombre n’est plus tout à fait la même.

Si l’on écrit « 12 », on pense plus au nombre mathématique, à sa dénotation statistique, au fait qu’il soit divisible par 2, 3 et 4, et à son côté dénombrant. Alors que si l’on écrit « douze », le côté littéral fait plus penser à la symbolique de ce nombre, on pense plus particulièrement aux apôtres qui furent douze par exemple dans la mythologie Chrétienne.

McLuhan est un intellectuel canadien qui fondit des études contemporaines sur les médias. Ce qui retient notre attention c’est justement qu’il a dit : « Le message, c’est le medium. ».

Selon lui, le canal de communication constitue le premier message de l’information. Si l’on parle de nombres oralement, on pensera directement que la discussion traite de statistiques, d’argent ou de sciences communément. Donc la forme est une information à part entière.

Les nombres parlent d’eux-mêmes, ils ont une « dimension tactile » qui nous rapproche de ce que nous dénombrons. Les journalistes utilisent les statistiques afin de mieux « palper » l’information, de la traduire en visuel d’effectifs.

Dans Pour comprendre les médias, McLuhan cite Baudelaire.

« L’ivresse est un nombre. Le plaisir d’être dans les foules est une expression mystérieuse de la jouissance de la multiplication du nombre. » – Charles Baudelaire

 

 

Références et sources :

McLuhan, M. (1968). Pour comprendre les médias. New-York : McGraw-Hill.

Baudelaire, C. (1887). Mon cœur mis à nu.

Wikissimo.aim.asso.fr. http://wikissimo.aim.asso.fr/lib/exe/fetch.php?media=mcluhan_m_pour_comprendre_les_medias.pdf