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Walter Benjamin, l’Aura et la reproduction de l’œuvre . Mass Media 2/9

Dans la lignée de mon article introductif, je commence ma série d’article autour des « Mass Médias » en parlant du penseur vu en premier, Walter Benjamin.

De son nom complet ‘Walter Bendix Schönflies Benjamin’, c’est un penseur Allemand, philosophe et critique littéraire et d’art, qui est rattaché à la pensée de l’école de Francfort. Il théorisera autour de l’histoire, et de son propre siècle. Très lié à l’art et à la littérature par l’école de Francfort, il est notamment le traducteur en allemand de Baudelaire et Proust.

L’œuvre de son cru qui nous intéressera est « L’art à l’époque de la reproductibilité technique ». Par rapport à la notion de perte de sens que j’avais évoquée, Benjamin parle lui du concept « D’Aura » d’une œuvre, Aura qui est un ensemble d’éléments se rattachant à une œuvre, comme sa location, son unicité, sa beauté, son auteur, éléments créant une rareté et une valeur à l’œuvre, son aura. Un exemple peut être pris avec « La Joconde », œuvre qui est mondialement connue. Cette œuvre est localisée à Paris, au musée du Louvre, faite par Leonardo Da Vinci, à une beauté, un esthétique reconnue, et est unique. Walter benjamin s’interroge sur la reproductibilité des œuvres de son temps, telle que la « fontaine » de Marcel Duchamp, œuvre reproduite 14 fois, présente à plusieurs endroits, et dont l’original est perdu.

Un rapprochement de cette question se crée avec le cinéma, et les « Produits » (œuvres, qui ont un marketing associé à leur nom, et une culture particulière liée aux mass medias) audio-visuels. L’avènement d’internet, avec lui le partage, l’accès à l’information et à tout produit numérisable instantanément ou presque, implique le fait que les œuvres crées aujourd’hui, et les anciennes œuvres crées soient reproduites. Dès l’arrivée des VHS (si, ces petites cassettes noires de notre enfance !), la reproductibilité des films a été possible, car avant, outre les copies pour les cinémas, peu de reproductibilité était possible, par rapport aux contenus trouvables sur internet aujourd’hui.

Quelle est l’aura d’une œuvre audio-visuelle aujourd’hui ? Son prix est celui de sa copie, sa valeur cinématographique. L’aura tient plutôt aujourd’hui de la réputation du film que de son unicité et de la difficulté d’y accéder.

Sources : https://en.wikipedia.org/wiki/Walter_Benjamin

« C’est des trucs qu’on se passe entre bardes ça ! »

Si je vous dit Kaamelott, nombreux d’entres vous penseront à la bande de bras cassés d’Alexandre Astier dans sa quête du fameux graal.
Dans l’épisode « Des Nouvelles du Monde » du livre 1, un barde partage la table du roi et offre ses services de musicien et de chanteur en échange de victuailles.
Piètre chanteur et encore moins bon musicien, le barde fait allusion aux chansons transmises entre artistes et autres conteurs, réadaptées ou imitées.

Voilà ou mon raisonnement, ma comparaison se poursuit.  Dans « La Poétique » du philosophe grec Aristote, celui-ci donne une définition de cet art poétique comme une imitation. Il entend par la que celle-ci, est le fruit d’une imitation, d’une imitation, d’un objet ou d’un instant présent de la Nature, une pâle copie de son essence (l’idée ou la forme). L’art en lui même est donc reproductible et de piètre valeur puisque très éloigné de la vérité.
Il reprend notamment le concept de mimesis développé par Platon  dans la République (arts de l’imitation, formes et littérature pour représenter le réel). Il fait allusion à Ion, un rhapsode, un artiste voyageant de ville en ville et contant des poèmes épiques écrits par d’autres aux populations.

Walter Benjamin, penseur et sociolgue allemand du vingtième siècle va de même s’appuyer sur la question de reproductibilité d’une oeuvre d’art et la notion d’aura. Il donne pour exemple l’observateur qui admire une chaîne de montagnes, la sensation qu’il ressentira à ce moment donné ne peut pas se reproduire. L’oeuvre d’art est donc le produit d’une sensation qui perd son aura propre.

Ainsi l’oeuvre devient un objet commercial. Le barde chante en fonction de l’argent qu’il pense gagner, à son propre profit.
De mon point de vue, je trouve ces idées limitées et contestables. L’oeuvre d’art dans sa définition se construit en idées et prend vie en forme grâce à l’action de l’homme, certes l’inspiration émane souvent de la Nature, mais la beauté de l’acte reste unique.
L’impressionnisme est un mouvement artistique du XIXème siècle que je trouve intéressant de confronter avec ces idées. Un renouveau veut se créer, s’éloignant de l’art moderne et académique, un renouveau de la peinture plus fluide, libre, qui se construit davantage sur des instants présents, des scènes de la Nature, des impressions fugitives.
L’art se renouvelle sans cesse dans ses techniques et avec les avancées technologiques, de nouvelles questions se posent. Notamment celle de la possibilité de peinture ou de graff en réalité virtuelle par exemple.

La notion de la copie d’une oeuvre d’art est certes petite dans l’exemple présenté plus haut. Mais l’idée de faire partager un épisode d’une série drôlement plaisante m’as prise d’avance sur un billet plus conventionnel ou un exemple plus marqué.
Et « Au roi Loth mort dans son lit ! »

http://streamay.com/series/kaamelott/saison-1/episode-7/des-nouvelles-du-monde

 

Nous autres, héritiers de la reproduction

Aujourd’hui, grâce aux nanobiotechnologies il est possible d’envoyer un message à nos proches seulement par le biais de notre pensée. L’application Smartstones née en 2013 et originaire de Santa Barbara en Californie permet de pallier certains handicaps comme l’impossibilité de communiquer. En portant un casque développé par la société Emotiv, il est possible de traduire les ondes cérébrales et de les retranscrire sur un smartphone.

Selon Wikipédia… Medicina, ou « l’art de guérir » en latin est la science et la pratique (l’art) étudiant l’organisation du corps humain (anatomie humaine), son fonctionnement normal (physiologie), et cherchant à restaurer la santé (physique et/ou mentale) par le traitement (thérapie) et la prévention (prophylaxie) des pathologies.

19104711957592orcaduceemedicaldesymboleisolesurunfondblancLe maniement de cet art, souvent réservé à une élite, a longtemps gardé un caractère particulier puisqu’il touche à la vie et historiquement à la question de la théologie. Deux visions s’opposent entre les origines (Asclépios/Esculape) mais ces dernières trouvent un consensus dans le caractère divin de ce pouvoir, le caducée des médecins en étant témoin.

Un des premiers textes qui propose une réflexion sur l’art et la technique est « L’œuvre d’art à l’époque de sa reproduction mécanisée » écrit en 1936 par le penseur Walter BENJAMIN. Il fut aussi l’un des premiers à traiter la question de la modernité.

Dans ses écrits, il aborde la notion de l’aura, ce qu’il définit par l’émanation d’un objet physique et unique, situé à un temps (nunc) et lieu précis (hic). Cet objet doit être inscrit dans une culture spécifique, reconnue et entretenue au fil du temps. La reproductibilité joue aussi sur la qualité de l’objet unique.

Ainsi, les produits de la médecine conservent leurs propriétés métaphysiques puisqu’elles répondent bien à un temps et un lieu donné. De plus cet art à part entière n’a plus besoin de faire ses preuves tant il est omniprésent et depuis tout temps.

Seulement, l’apport de la modernité amène BENJAMIN à se questionner sur l’aura et l’idée de tradition au quel il se rattache. En reproduisant l’objet, il se détache de la tradition en détériorant son aura et son unicité. 

On peut s’interroger sur les interactions qu’ils existent entreune médecine religieuse et la modernité. Si l’aura perdait de son authenticité lors de la reproductibilité alors cela un-coeur-artificiel-de-la-societe-carmat-a-velizy-le-24-septembre-2009_4646612signifierait qu’un patient ayant subit une transplantation cardiaque venant d’un coeur créé artificiellement serait impure?

                                                                    coeur artificiel de la société Carmat

Le transhumanisme se développe de jours en jours afin de pouvoir allonger l’espérance de vie et sa qualité. L’élaboration de « Bébés sur mesure » n’est plus une fiction puisqu’elle techniquement praticable en modifiant le code génétique. Cet eugénisme se permettant de manier la vie nous conduirait il vers un monde plus « sain » ou simplement dépourvu de différences entres les individus?

Sources :

http://futurism.com/think-speak-headset-lets-people-communicate-using-brainwaves/

Game of Thrones, un succès à double tranchant ?

Ce Lundi 25 Avril 2016, à 3 heures du matin (heures de Paris), Game of Thrones entamait son retour pour une sixième saison. Un événement attendu par des millions de fans à travers le monde. Un phénomène à double tranchant pour la série télévisée ?

Continuer la lecture de Game of Thrones, un succès à double tranchant ?

Walter BENJAMIN, un artiste en herbe

Ilustracion-Walter-Benjamin-Ilustraciones-MepolWalter BENJAMIN à étudié la reproductibilité de l’œuvre d’art ; il étudie ainsi la notion d’aura et dit : ce qui, dans l’oeuvre d’art, à l’époque de la reproduction mécanisée, dépérit, c’est son aura. A la reproduction même la plus perfectionnée d’une œuvre d’art, un facteur fait toujours défaut : son hic et nunc, son existence unique au lieu où elle se trouve. Les composantes de l’authenticité se refusent à toute reproduction, non pas seulement à la reproduction mécanisée. L’authenticité d’une chose intègre tout ce qu’elle comporte de transmissible de par son origine, sa durée matérielle comme son témoignage historique. On peut par exemple étudier la photographie qui est une des sources de reproduction les plus développé.

Instagram-Logo

Walter BENJAMIN a écrit un texte appelé « La petite histoire de la photographie » , il y dénonce la reproduction d’œuvre d’art et par exemple celle de la photographie, en effet il nous montre comment la reproduction d’une œuvre d’art lui fait perdre son aura, comment la reproduction qu’elle soit mécanisé ou non détruit le hic et nunc de la photographie : « Le hic et nunc de l’original forme le contenu de la notion de l’authenticité, et sur cette dernière repose la représentation d’une tradition qui a transmis jusqu’à nos jours cet objet comme étant resté identique à lui-même. ». On peut ainsi faire un lien avec nos réseaux sociaux liés à la photographie comme Instagram. En effet comme le dit Walter BENJAMIN la photographie est un élément reproductible, on le remarque avec Instagram, cette application photo permet de partager des photographies quelles soient personnelles ou autres, seulement ces photographies sont exposées à la reproduction et à la réutilisation, elles peuvent également se retrouver sur plusieurs appareils ce qui permet de déduire que leur reproduction est pratiquement immédiate lorsqu’un individu utilise ce type d’application. La photographie permet également de transformer une œuvre physique en œuvre électronique ce qui vaut à une reproduction ; on peut donc dire que les réseaux sociaux dédiés à la photographie sont un des moyens les plus courants pour la reproduction d’une œuvre ou autre. La perte de l’aura des œuvres d’art est ainsi de plus en plus présente, on a une massification de leur reproduction et une perte de la valeur culturel de celle-ci ; aujourd’hui les œuvres d’arts sont rarement uniques ; cette valeur devient du loisir.

Par exemple nous pouvons citez la « Joconde » de Léonard de Vinci qui présente aujourd’hui de nombreuse répliques et une numérisation photo surdimensionner; cette oeuvre d’art à été manipuler à tout va, on peut actuellement retrouver plusieurs version de la « Joconde ». C’est un exemple de l’oeuvre de la reproduction, qui dénature les œuvres et leur font perdre leur aura; nous sommes faces à une dégradation de la culture et de se qui la nourrit.

La musique et sa reproductibilité

Walter Benjamin est un des grands penseurs Allemands du XXème siècle, il est l’un des premiers à avoir défini les caractéristiques culturelles de nos sociétés Européennes industrialisées.

Il rédige en 1935 L’oeuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique , un classique des arts visuels proposant une réflexion entre l’art et la technique. Dans cet essai il introduit le concept de l’aura pour affirmer l’unicité d’une oeuvre d’art. Il la définit comme  « l’unique apparition d’un lointain, quelle que soit sa proximité ». Walter Benjamin explique qu’avec l’apparition de nouvelle technique de reproduction d’oeuvre d’art comme la lithographie ou la photographie, l’art peut perdre de son authenticité et donc de son aura.

Peut on appliquer ce constat à l’industrie musicale ?

L’industrie musicale voit le jour au début du XXème siècle grâce à l’invention du disque en 1898 par l’allemand Emile Berliner. Par la suite de nombreuses améliorations du disque sont visibles quant à sa qualité et à sa reproduction. Dans les années 90  avec le développement du numérique la musique est distribuée et reproduite de façon massive et de plus en plus facilement. Le numérique est par essence un support qui se prête à la reproduction et a la multiplication .

Aujourd’hui avec le sampling (le fait de prendre un son d’un autre morceau pour l’agencer dans un autre ), le remix et  le principe du mash up, la musique se sert d’autres morceaux afin de créer une nouvelle oeuvre d’art considérée comme unique. La musique original ne perd  pas son caractère unique, son aura,  mais sert de béquille à la création d’une  musique à part entière.

On conclut ici que  Walter benjamin n’avait pas anticipé cette évolution de la reproductibilité d’une oeuvre et que son constat est propre à son époque. Depuis cette évolution la reproductibilité d’une oeuvre apparaît plus comme un acte destructeur  mais comme une opportunité pour apporter plus de diversité.