Archives pour l'étiquette révolution

Marcuse marque sa cause révolutionnelle

En tant que philosophe, il est avec Herbert Marcuse et Max Horkheimer l’un des principaux représentants de l’École de Francfort, au sein de laquelle a été élaborée la Théorie critique.

En tant que musicien et musicologue, il est représentant de laseconde école de Vienne et théoricien de la Nouvelle Musique. Et c’est en tant que philosophe (esthétique), sociologue, musicologue et musicien qu’il introduit avec Max Horkheimer la notion interdisciplinaire d’industrie culturelle, première traduction en français du titre de l’essai fondateur Kulturindustrie dans La Dialectique de la raison.

La participation d’Adorno à la vie politique de la République fédérale d’Allemagne est marquée par ses désaccords avec la gauche allemande. Se trouve alors mise en cause la possibilité même de son enseignement et de la théorie critique en tant que celle-ci ne serait précisément qu’une théorie de la société, à quoi les étudiants marxistes ou maoïstes opposent l’activisme de la pratique.

Les étudiants ont le sentiment qu’ils sont formés à la théorie critique pour devenir ensuite « des alibis de l’État autoritaire ».

Adorno est pris dans une contradiction, car il refuse de suivre les contestataires, ce qui reviendrait à ruiner la possibilité de la démocratie qui se construit péniblement en Allemagne sur les ruines du national-socialisme, comme il refuse également de faire le jeu des forces réactionnaires en ne reconnaissant pas les raisons du mouvement révolutionnaire.

 

Sources et références :

Wikipédia. https://fr.wikipedia.org/wiki/Herbert_Marcuse

Entretien avec Lucien Virag, comme un bilan sur les études médiatiques.

Certains élèves de la formation ont eu la chance de croiser Lucien Virag, penseur quasi-anonyme, mais unanimement reconnu comme un auteur révolutionnaire. Cet émigré Hongrois, qui réside aujourd’hui à Lyon, s’applique à déconstruire avec fougue cette ère de l’internet, du mass-média. Il fût l’auteur d’un livre prémonitoire, malheureusement très peu connu, L’Aube du Réseau, aux Éditions Ousia (1979), dans lequel il faisait état de l’obsolescence des études linguistique face à l’avènement d’un monde du texte sans la pensée.

J’ai pu obtenir un court échange avec lui, ce qui explique le retard dans la publication de cet article. Virag a pourtant l’habitude de se refuser à utiliser les réseaux sociaux, ou d’avoir une quelconque existence à travers un ordinateur, il s’agit donc d’un genre d’exclusivité, profitez en, chers lecteurs.

L. Virag.jpg
Lucien Virag dans son appartement lyonnais, prenant une pause avec second degré.


Bonjour monsieur Virag, je suis étudiant en Communication et Création Numérique, à l’Institut Marc Perrot, et les auteurs de linguistique et de sémiologie sont au cœur du programme de ce premier semestre. Quelle réaction à cela ?

*rire* Eh oui, oui. Il est tout à fait normal et concevable que ces études soient nécessaire à un tel cursus, vous qui allez vous donné corps et âmes dans un travail numérique et, il faut bien le dire, de manipulation. Vous êtes sur le deuxième plan, celui où vous avez besoin d’avoir conscience de votre langage pour mieux le tourner, et lui donner. Votre public, qui n’a jamais étudié ces fonctionnements du langage, reste dans un plan premier, primaire, il se contente de l’outil qui lui ai proposé, ce qui le rend si malléable.

Ma réaction est que vous découvrez là un outil utile et dangereux ; la conscience de sa propre langue est, entre de mauvaises mains, un fléau.

Rassurez vous, j’étudie ça plus par ambition créative que par inspiration machiavélique. Dans votre livre, vous parlez d’un 3ème plan dans L’Aube du Réseau, décrivez le moi.

Vous savez ce qui est plus fort que la conscience du langage ?

Dites le moi.

La conscience des consciences du langage : vous savez que l’homme a réfléchi sur lui et sur ses outils essentiels, substantiels même. De ce constat, vous pouvez tirer une étude très poussée, des conclusions magistrales ! L’Homme théorise ses signes en utilisant ces mêmes signes… il se plonge dans une abysse terrible, terrible oui ! Si je claque des doigts *il le fait*, et que j’utilise un claquement de doigts pour décrire mon même geste, je circule, je tourne, autour d’un sujet sans jamais atteindre sa fondamentale. Je peux re-claquer avec une précision et une lenteur extrême de manière à ce que la technique du premier claquement, celui-ci naturel, soit totalement dévoilé. Celui qui m’a observé saura alors claqué des doigts avec contrôle et maîtrise. Mais saura t’il pourquoi il claque des doigts ? Non ! Aura t’il idée des raisons qui le pousse à utiliser le claquement de doigts à tel ou tel moment ? Non plus. C’est passionnant non ? Cette maîtrise de la technique, bloquée dans un circuit, sans jamais pouvoir sortir de la route.

Je pense commencer à comprendre… Être au troisième plan, c’est étudier les premiers et deuxièmes plans avec une vision d’ensemble, pour voir quels sont les finalités de ces études, et de ces usages ?

Précisément ! Les méta-sciences ont cela de beau qu’elles touchent à l’essence des essences. Et, comme il apparaît à la césure de l’atome, les découvertes libèrent une formidable quantité d’énergie, qui nourrit l’intellect et son cosmos. J’éprouve une jouissance intellectuelle extrême à chaque fois que je dévoile un nouveau pan de mes études, mais j’ai bien conscience que ma science n’attirera jamais ni les écoles ni les foules. Vous savez pourquoi, vous qui étudiez déjà le second plan ?

Je vous serais gré de me l’expliquer.

Parce qu’il y a un sentiment, qui est aussi une réalité, qui émane de l’étude du langage, au second plan… Connaître les mots, et leurs usages, les fonctionnements sémantiques, sémiologiques, … Tout cela confère au porteur du savoir un pouvoir immense, gargantuesque ! En comprenant comment une phrase est perçue dans une conversation, via le schéma de Jakobson, par exemple, vous pouvez orienter la rédaction de votre slogan, et lui donner un impact fou ! Le second plan et l’étude du premier, c’est l’assurance d’une puissance. Et l’Homme, l’élève, tout un chacun, vibre pour cette puissance, pour accéder à cette force de rédaction et de lecture. Quand on arrive à comprendre ce qui nous entoure, c’est à dire à le prendre en nous, on devient comme un héros dans notre propre livre. Mais on ne devient pas libre de ces signes, on en devient maître, mais nous sommes toujours rattachés à eux, de même que le maître n’est pas maître sans son esclave.

Le troisième plan n’assure pas la place du maître, il n’assure pas non plus l’existence de l’esclave. Non. Le troisième plan, ce que je propose dans tout mes écrits, c’est simplement l’assurance d’une jouissance dans la compréhension de l’autre, et de la volonté qu’il porte. C’est uniquement une recherche de liberté, et au vue du comportement des hommes ces derniers temps, la liberté n’est qu’une maigre valeur face à un pouvoir intransigeant sur le verbe.

Comment expliquez vous le lien que vous faites entre liberté et troisième plan ?

Et bien en fait c’est assez clair : vous avez la conscience du pouvoir, de qui le possède, qui le détient, il n’y a qu’à étudier les signes de connaissances, les symboles de force que sont les phrases et les théories. Qui connaît ces schémas, qui les applique, qui sait penser le verbe ? Si vous pouvez répondre à ces questions, c’est en adoptant le regard totalement extérieur du troisième plan. Et en ayant la connaissance de la location de ces pouvoirs érudits, vous créez en votre fort intérieur le choix de suivre ou non ces têtes pensantes. L’homme qui peut choisir son outillage est à la fois maître et esclave, et en même temps ni maître, ni esclave : il est son propre artisan, et sélectionne ce qu’il veut réellement.

Je vois, avec le troisième plan, en étudiant l’utilisation de la sémiologie, on peut voir les rouages. Mais dernière question : quel rapport avec le réseau ?

C’est une très belle question pour conclure… Et bien voyez-vous, j’ai fait un choix en utilisant ma place au troisième plan : j’ai lu maint et maint ouvrages sur ces réseaux sociaux et j’ai eu la liberté jouissive de les refuser, en voyant l’utilisation malhonnête qu’ils ont fait de leur connaissance des mots. Ils opèrent à une transformation abusive de l’ontologie même des termes qu’ils emploient : accueil, amis, tout ces éléments de vocabulaire perdent leur valeur. On peut clairement distinguer l’usage d’un simplisme que Barthes théorise, ils font une utilisation foncièrement mauvaise d’un outil, pourtant neutre, du second plan. Ils font ça au nez et à la barbe des usager, qui sont toujours au premier plan. Je n’impose pas ma vision, mais j’apprécie cette force que mon écriture, et que ce troisième plan m’offre : je peux faire le choix de refuser une vie numérique, car j’en vois les rouages, et croyez moi, ils sont très semblables à ceux d’un ascenseur qui plongerait follement vers les entrailles de la bêtise…

Voilà qui est peu rassurant. Merci pour cette entretien, monsieur Virag, et bonne continuation dans vos écrits !

Herbert Marcuse : La révolution étudiante incarnée

Quel titre ! Mais pourtant, en dépit de cette appellation, Herbert Marcuse n’était pas un étudiant lors des révolutions étudiantes proprement dites. Non, Marcuse était professeur à l’université. Philosophe et sociologue d’origine allemande, Marcuse a fui son pays lors de la guerre, et s’est installé aux États-Unis.

En 1955, Dans Eros et civilisation, il propose un analyse marxiste de la pensée freudienne, et critique la pensée néo-freudienne. Lors de l’exposé que nous avons eu, les chapitre deux et trois de son ouvrage ont plus spécifiquement été étudiés.

Il pose la question de savoir si la libre satisfaction des besoins instinctuels de l’homme est compatible avec la vie dans une société et donc dans ses règles.

Il déclare que toute civilisation découle de l’Ananké, soit la contrainte, et que le répression est essentielle au bon déroulement de la vie en civilisation. Le danger, dès lors, est la sur-répression.

Dans le chapitre trois, il dénonce la désexualisation effectuée par la pub.

Il prône aussi la polyvalence dans le travail, il prône la notion de plaisir plutôt que de rendement. Dans le contexte de l’époque, cette théorie a été largement critiquée, car elle dénonce le Capitalisme des années 50, le jugeant aliénant.

Il a été très critiqué, mais il sera érigé en référence par les étudiants lors de la révolution hippie, et est très réputé aux Etats-Unis.

« Le spectacle est le mauvais rêve de la société moderne enchaînée, qui n’exprime finalement que son désir de dormir. »

Guy Debord at flour mill

Son ouvrage phare, « la société du spectacle » parle de l’importance que les divertissements ont prit dans notre système politique, dont l’image, par un biais sociologique. Très critique à l’égard de tout ce qui concerne le “spectacle”, l’auteur définit ce mot comme un bien marchand qui a perdut tout son sens, il est divertissement pour divertissement. Ces distractions nous rapprochent physiquement mais nous isolent mentalement ce qui est plus important. Tout ce qui attrait à la société de spectacle est un prolongement de la
doctrine capitaliste, qui n’a pour objectif que la possession, imposture de satisfaction. Ce jugement très acèrbe
Que ce soit par la publicité ou en érigant des vedettes, fausses idoles de notre temps,les nouveaux médias sont acteurs de cette dissimulation du vrai et ainsi d’une certaine forme de négation de la vie. C’est ce qu’essaye de dénoncer Guy Debord dans la plupart dans ses ouvrages qui sont des manifestes engagés, ils suivent tous un courant de pensée révolutionnaire dont il était l’un des grand acteurs : L’International situationniste. Son combat contre notre aveuglement médiatique était acharné et on peut regretter aujourd’hui que notre monde ressemble de plus en plus à  1984 de G.Orwell  malgré son abnégation.