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La réussite ou poursuite de pulsions inassouvies

Qu’est-ce que réussir dans la vie dans notre jargon quotidien ?

Est-ce devenir riche et être reconnu(e) de tous ?

Atteindre les sommets de la gloire dans une société où l’individualisme pousse à la concurrence et aux débauches populairement envieuses ?

L’usage, dans le milieu économique, est de mener son entreprise au sommet, d’avoir de bonnes idées et de gagner beaucoup d’argent, ou plutôt, que son entreprise ait beaucoup de rentabilités. Tout cela en soi n’a rien de critiquable, d’un point de vue purement moral.

Mais le constat est que l’homme a trop tendance à ne pas séparer ses ambitions professionnelles de ses passions et désirs personnels : combien d’articles de journaux ont jusqu’à présent révélé des faits scandaleux de ce genre ?

La prise de risque est telle que le concerné peut se retrouver pris au piège dans son jeu de l’assouvissement inassouvissable, au point de faire du mal aux concurrents de son travail et à ses propres proches.

 

Jordan Belfort alias le loup de Wall Street s’efforce à résoudre ses problèmes passionnels, non pas ceux-là liés à la passion d’amour mais ceux-là avidement épicuriens.

Tout au long du film, il mijote, détruit les autres, que ce soit de manière économique (il arnaque sans scrupules des clients naïfs car miséreux), ou sentimentale (il trompe sa femme et mène ses collègues à faire de même). Jordan est très fort car fait intelligemment ce qu’il fait de mal et y réussit : il devient millionnaire.

The-Wolf-of-Wall-Street

 

Malgré le fait que le film soit assimilé à une banalisation du sexe, de la drogue et de la violence par le succès qu’il eut auprès des jeunes, il est en réalité une critique acérée du comportement de Jordan.

Leonardo Dicaprio, interprète de Jordan, affirme cela lors de la promotion du film :

« Le film pourrait ne pas être compris par certains. J’espère que le public comprend que nous ne tolérons pas ce comportement, que nous le condamnons. Le livre était une mise en garde et si vous restez jusqu’à la fin du film, vous comprendrez ce que nous affirmons à propos de ces gens et de ce monde, car ce dernier est toxique. »

Toxique car complètement illusionné. Un monde où la libido se confond avec le travail de manière follement décadente.

 

Le comportement de Jordan peut être mis en relation avec ce qu’écrivit Marcuse dans Eros et Civilisation.

Car c’est un philosophe dont certains de ses travaux se proposèrent à traiter de la relation possible entre la libido sexuelle et le travail dans la société.

Mais il est difficile de penser, comme l’affirme Marcuse, qu’il serait préférable de lier, voire de confondre raison et instinct afin de permettre à l’individu une liberté d’action nouvelle, plus en accord avec ses réelles envies, lorsque Scorsese révèle à quel point les actes de Jordan prennent à la moutarde.

 

Heureusement pour les jeunes, la morale du film est bonne, même si de nombreuses scènes du film n’y portent pas. Jordan Belfort s’engage, après avoir trahi ses amis et anciens collègues à la police et avoir tout perdu, vers la rédemption et enseigne l’économie à des étudiants.

 

Constat final :

Il n’a pas « « réussi sa vie », mais a « réussi dans la vie », en étant riche, distingué, respecté de ses collègues de travail et bien accompagnée par la séduisante Naomi.

Soupçonnez l’ironie.

 

 

Sources et références :

Marcuse, H. (1955). Eros and Civilization. Boston : Beacon Press.

Scorsese, M. (2012). The Wolf of Wall Streetsexe [Enregistrement Vidéo]. Etats-Unis : Red Granite Pictures, Appian Way Productions, Sikelia Productions.

Allociné. Après les critiques, Leonardo DiCaprio prend la défense du « Loup de Wall Street ». Consulté le 13/01/2016 sur http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18629761.html.

Photographie : deux images issues du film

Roland Barthes, le sexe et le film Knock Knock

Le structuralisme l’a démontré à maintes reprises : énoncer une chose évoque aussitôt son contraire. Si on nous dit « Ne regarde pas ! », aussitôt nous regardons, ou du moins nous cherchons à regarder. L’esprit humain fonctionne ainsi : le bien ne peut exister sans le mal, le bon sans le mauvais, Dieu sans le diable, le féminin sans le masculin…

L’analyse du strip-tease chez Roland Barthes repose sur cette mécanique des contraires : montrer (une femme nue) tue le désir (de l’homme). Au contraire, cacher excite le regard.

Un film assez mauvais est sorti ces derniers mois : Knock Knock (Eli Roth, 2015), ou l’histoire d’un homme marié qui, alors que sa femme et ses enfants se sont absentés, accepte d’héberger chez lui deux jeunes filles aussi séduisantes que malintentionnées. Il cède à la tentation, fait du sexe avec elles, et regrette bientôt son acte : les filles sont diaboliques, et l’adultère au cinéma peut se payer très cher…

En visionnant ce film, nous songeons au mythe du strip-tease décrypté par Roland Barthes. Car ce film, a priori sexuel et transgressif, provoque un sentiment contraire à son propos (la tentation de l’adultère). Dès leur entrée en scène, les deux bimbos agressent ; elles n’excitent pas la concupiscence, elles font peur. Elles n’ont pas fait un pas dans le domicile du héros que nous avons déjà envie de les mettre à la porte. C’est leur manière d’afficher le sexe qui empêche le désir : dès leur apparition dans le film il y a inscrit sur leur figure « SEXE », et alors l’intrigue se casse la figure. Leurs provocations sexuelles conjurent immédiatement le désir sexuel, et dès lors les personnages sont démasqués : ce ne sont ni la tentation ni le sexe qui frappent à la porte, c’est le châtiment et la peur U.S. du sexe.

Es-tu du genre Butler ou pas ?

Difficile de tout savoir sur les gens. L’image que nous donnons aux  autres peut s’ouvrir à toute sorte de projection fantasmatique. C’est sur cette idéologie que se base le film de Mario Fanfani.      Les Nuits d’Etés sont à la fois un hommage rendu à toutes les femmes et un questionnement sur les identités de genre. Cela fait l’objet de nombreux débats depuis quelques années notamment aux Etats-Unis avec la philosophe Judith Butler. Ses écrits portent sur notre identité sexuelle basé sur la construction sociologique. Elle approfondi le propos en que la biologie ne se suffit pas à elle-même pour être une femme ou être un homme. Dans Les Nuits d’Eté c’est l’histoire d’un notaire de province des années 50 qui décide de se travestir en secret avec des ami(e)s. Une facette que l’un de ses amis, puis plusieurs autres l’aide à explorer. En effet ce film met bien en relation le sexe biologique, l’identité des genres ainsi que la performance du genre. C’est également ce que illustre Tomboy avec un regard sur l’enfance. Mais cette fois perçu à travers le jeu sur notre identité sexuelle et celui de notre construction sociale.

 https://www.youtube.com/watch?v=NHebAaxnxKM               Bande annonce de TomBoy