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Pop it real

« Les artistes pop faisaient des images que tous les passants Broadway pouvaient reconnaitre en un quart de seconde : des bandes dessinées, des tables de pique-nique, des pantalons, des personnages célèbres, des rideaux de douche, des réfrigérateurs, des bouteilles de coca. » C’est ce qu’Andy Warhol, célèbre artiste et leader du mouvement pop-art, nous dit de ce courant. Apparut au Etat Unis dans les années 60, le pop-art s’intéresse aux objets de consommation tel que le Coca-Cola, ou bien des images médiatiques AndyWarhol1tel que des star de cinéma ou des publicités. On les reprends, les contourne, les déforme, les agrandi, les décolore, et les multiplie, offrant ainsi un tout nouveau sens. Andy Warhol reproduisait ses oeuvres par centaines, parfois même par milliers d’exemplaires, ce qui heurtait les idées classiques attribuant à une oeuvre sa valeur car elle est unique. Dans son oeuvre les stars sont souvent profanées. Il les traite comme n’importe quelle autre image mettant ainsi en avant le fait que la répétition d’une même image, lui fait perdre une partie de son impact émotionnel. L’art devient ansi un produit de consommation comme l’est l’image de Marilyn Monroe, un produit médiatique et industriel à l’image de la société américaine des années 1960. Ce movement artistique est une parfaite illustration des propos de Jean Baudrillard, philosophe français, sur notre société.

En effet, dans son œuvre Simulacres et simulation, pour lui la simulation se veut être l’expérience du réel à travers ce qui nous en est rapporté, le simulacre en étant la représentation figurée (l’objet, l’image). Selon Baudrillard, les sociétés se sont à ce point reposées sur ces simulations, se sont à ce point constituées sur la base de ces signes, qu’elles en ont perdu le contact avec le monde jean_baudrillardréel. Le simulacre, d’abord reconnu comme représentation du réel, s’est vu multiplié, systématisé par l’avènement industriel, contribuant à brouiller les repères entre l’image et ce qu’elle représente, jusqu’à ce que, dans la société post-moderne, le simulacre ne finisse par
précéder et déterminer le réel. 

Les objets de consommation ont donc une valeur-signe, ce qui signifie qu’ils indiquent quelque chose au sujet du propriétaire, dans le contexte d’un système social. Alors que les valeurs-signes deviennent plus nombreuses, l’interaction devient de plus en plus basée sur des choses sans signification intrinsèque. Ainsi, la réalité devient de moins en moins importante, alors que l’échange des signes prend l’ascendant. De la même façon, quand la valeur-signe devient plus complexe, la réalité se transforme en hyperréalité et il devient alors de plus en plus difficile de distinguer ce qui est « réel ». L’hyperréalité est significative comme paradigme éclairant la condition culturelle américaine. Elle trompe la conscience en la détachant de tout engagement émotionnel réel. A la place, elle opte pour des simulations artificielles et des reproductions sans fin d’apparences fondamentalement vides, c’est d’ailleurs ce qu’on peut observer dans les oeuvres de Warhol.