Archives pour l'étiquette Stiegler

La télévision avant la réflexion

À quoi bon réfléchir et avoir sa propre opinion si on peut le faire à votre place? Après tout, la télévision offre tout un panel de services destinés à soulager votre cerveau de toutes ces contraintes! Émissions, télé-réalité, journaux télévisés, reportages, documentaires… Tout un tas de personnes sont payées pour laisser à vos neurones assez d’énergie pour réfléchir à des problèmes VRAIMENT importants, comme le choix de votre nouveau téléphone ou si ça vaut le coup de rajouter du sucre sur vos fraises à midi.

Et vos enfants ! Il faut très vite les habituer à ce nouveau remède, qu’il n’aient jamais à connaître la souffrance des réflexions politiques, sociales ou morales!

tele-vide-tete-L-XyXTS4Avez-vous saisi l’ironie de mes propos? Si oui, c’est qu’il n’est pas trop tard et que votre réflexion vous appartient encore.

Du moins, c’est ce que vous dirait Stiegler s’il était devant vous. En effet, dans son ouvrage philosophique La télécratie contre la démocratie, il nous met en garde sur un point malheureusement bien trop répendu de nos jour: la télécratie, à savoir la surconsommation de la télévision.

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Cet excès de programmes télévisés a pour conséquence de formater notre cerveau, et à réfléchir à sa place, et c’est le meilleur moyen pour les politiciens d’injecter des idées (bonnes ou mauvaises) aux téléspectateurs trop télécrates pour faire la part des choses.

Ne tombez pas dans le piège.

Egocentrisme et nihilisme

Dans son ouvrage Simulacres et simulation, Jean Baudrillard propose une réflexion sur le réel. Selon lui, le réel ne serait plus perceptible, il aurait été remplacé par un univers de signes dont les référents sont absents, qui auraient perdu toute valeur.

Cette hypothèse a été notamment exploitée par la trilogie Matrix, où les Frères Wachowski interprètent ces signes dont parle Baudrillard, comme les signes perçus par les sens. En effet, ils partent du principe que nous expérimentons le monde via un ensemble sensations, par des signes que nous interprétons. Il serait donc légitime de se questionner sur la confiance que nous avons en nos sens, en la dimension organique de l’existence.

Il me semble cependant que cette interprétation des écrits de Baudrillard est instinctive et primaire, et il est a mon avis plus intéressant de s’interroger sur les signes que nous choisissons de transmettre plutôt que sur ceux que nous percevons. Afin d’introduire mon propos, je prendrais pour exemple (trivial) la mode vestimentaire : je ne choisi pas un vêtement parce qu’il me plait, mais parce qu’il me semble être la convergence de signes que j’ai perçu, qui m’a été transmis par différents médias et que je me propose de transmettre à mon tour.

On peut alors penser que l’ensemble de signes que chaque individu renvoie n’est que la copie de ceux qu’il a déjà perçu. SI l’individu n’est perçu que via cet ensemble de signes, il devient alors un personnage creux, un personnage de simulacre, fait d’une réalité fragmentée qui ne lui appartient pas.

Il est alors intéressant de se pencher sur la pensée de Stiegler qui introduit le terme de télécratie (le règne de la télévision) en l’opposant fondamentalement à la démocratie. On comprend mieux la problématique posée par l’avènement de la télévision et de la publicité. La décomposition des désirs en pulsion par les médias de masse nous pousse à la consommation de signes qui ne sont destinés à être copiés. Le réel enjeux de la télécratie ne me semble pas être la mort de la démocratie, mais la mort de l’individu qui est réduit à une somme de signes dépourvus de sens.

On peut penser que ce schéma n’est applicable qu’à la perception des individus entre eux, mais peut-on la considérer pour la perception que l’on a de nous-même ?

Selon Walter Benjamin, la reproductibilité des oeuvres d’arts conduit à la perte de leur aura. Il me semble que la perte de cette aura peut également être appliquée à la pensée, et que les idées subissent le même sort que les biens de consommation. Paradoxalement, a mesure que les idées perdent leur aura, les penseurs gagnent en popularité, en renommée. Ainsi, il me semble que nous nous approprions la pensée de quelqu’un parce l’aura de cette personne nous est parvenue, parce qu’il existe une mythologie autour de la pensée. Ainsi, la vie intérieure est elle aussi polluée par le simulacre, si bien qu’il nous est impossible de distinguer l’original de la copie. C’est la multitude et la complexité des signes que l’on s’approprie qui rend cette distinction presque impossible. L’individu n’est plus fait que de fragments de copies qui remplacent la singularité.

Le nihilisme de la pensée de Baudrillard me parait donc profondément narcissique et vertigineuse : se regarder en permanence afin de contempler un ensemble de signes dépourvus de sens, le vide qui cache le vide.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Bernard Stiegler et la télécratie

Bonjour à tous, aujourd’hui nous allons parle de bernard Stiegler.

Bernard Stiegler est un philosophe français né le 1er avril 1952. Il est le fils d’un père électronicien et d’une mère employée de banque.

bernard_stiegler_3Il commence, en 1969, des études (qu’il n’achèvera pas) d’assistant réalisateur au Conservatoire libre du cinéma français et poursuit, en 1973, par un stage d’analyste programmeur à l’institut de recherche français d’informatique et de mathématiques. Après mais 68, Bernard Stiegler devient membre du parti communiste français.

En 1976, il attaque une banque à main armée. Suivront trois autres braquages, dont le quatrième s’achève par son arrestation en flagrant délit par une patrouille de police. Il est condamné à cinq ans de prison.

En 2006 il publie La télécratie contre la démocratie. Ce livre s’adresse tout d’abord au candidats des présidentiels française de 2007 et leur demande de se questionner sur la télécratie qu’il considère comme dangereuse pour la démocratie. Selon Bernard Stiegler, la télécratie à fait évoluer la politique actuel et la mène vers une opposition : la démocratie nécessite du temps, de la réflexion, elle doit se mettre en place, alors que la télécratie est direct, immédiate, instantanés. Les politiciens deviennent alors des figures télécratiques, ils cherches a gagnés la faveur des médias de masse, un public en s’adaptant aux formes du médias qu’il le diffuse.

Pour finir Bernard Stiegler considère que cette télécratie est responsable du manque d’espoir en
l’avenir des français.

Merci à tous et bonne lecture !