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Ça ne fonctionnera que si ça vient de nous

Maintes et maintes techniques ont été testées dans le but de convaincre les masses d’une idée ou d’une autre: la force, la menace, la propagande. Peu importe, ça ne fonctionne pas. Ces moyens de persuasion effrayeront la population ; on remarquera donc un réel rapport de force. Mais la répression ne fonctionne pas, du moins, pas efficacement, ou seulement sur le court-terme.

Il faut faire mieux. Manuel Castells, professeur en sociologie, explique qu’il est plus judicieux de forger un esprit, plutôt que de le restreindre. C’est-à-dire, que toute pensée d’un individu doit sembler propre à celui-ci. S’il a l’impression qu’on lui a ‘bourré le crâne’, ses réelles positions seront toujours présentes dans son esprit et l’effet de persuasion désiré produira l’effet contraire.

Poussant cette théorie à l’extrême, Aldous Huxley écrit Le meilleur des mondes en 1932, un roman de science fiction montrant une société créée de toute pièce par un pouvoir dominant. En effet, dans ce livre est décrit comment ce pouvoir arrive à conditionner un esprit dès sa naissance, en lui inculquant des goûts, des désirs et des peurs par divers stratagèmes, sans que l’individu lui-même s’en rende compte. N’imaginant même pas que ces envies ne viennent originellement pas de lui, l’individu vivra heureux dans l’environnement dans lequel il réside. Et quoi de mieux qu’une société heureuse? Une société en accord avec elle-même ne se posera même pas la question d’un quelconque conditionnement.

Bien sûr, ce serait rabaisser l’Homme à l’état de simple animal de laboratoire que de penser qu’il est aussi facilement manipulable, sans oublier que ces dirigeants sont, eux aussi, des êtres humains. Cela relève d’une volonté, saine ou non, de pouvoir et d’emprise sur les autres.

Heureusement, tout cela relève de la fiction mais la mode est de plus en plus aux médias de masse individuels, notamment avec les technologies de communication (internet, téléphones mobiles etc.) et ses milliards d’utilisateurs quotidiens.

 

« Ma conviction personnelle est que certains d’entre vous dans cette salle vivront mille ans. »

Ce ne sont pas les propos tenus par un illuminé mais par Laurent Alexandre, chirurgien, diplômé de Science Po, d’HEC et l’ENA lors de sa conférence intitulée, « Le recul de la mort – l’immortalité à brève échéance ? » au TEDx Paris en 2012. Considéré comme l’un des pionniers d’internet, il consacre la plupart de son travail sur le bouleversement opéré par le progrès de la science et des biotechnologies.

Cet impact des nouvelles technologies dans notre quotidien fut pressenti par Jacques Derrida, un philosophe français, ce dernier étudia les effets des télé – technologies et de leurs rôles dans la société moderne, sa réflexion s’étendit sur les enjeux des mutations sociales, politiques, économiques et psychologiques en passant par le développement des technologies numériques.

Aujourd’hui les avancées techniques en sciences soulèvent de nombreuses questions économiques et éthiques. Il est désormais possible de séquencer son génome à prix très dérisoire vous permettant de connaître des maladies susceptible de se développer dans votre organisme. Malgré l’apport majeur non contestable dans la qualité de prévention que chacun pourra vivre -en fonction d’un terrain à risque, on passe dorénavant d’une médecine de masse à une médecine personnalisée- il est pertinent de s’interroger sur le vécut émotionnel que peut vivre une personne se sachant incurable, vivant alors avec une épée de Damoclès au dessus de sa tête.

Ce scénario, à plus longue échelle nous amène à réfléchir sur les enjeux majeurs que va développer ces « prouesses », l’immortalité sera accordée au plus riche ? Processus de régulation/interdiction des naissances suite à l’accroissement démographique et au manque de place ? Comment gérer une vie sans une dead line? Qui permettait à l’homme de s’imposer des buts à accomplir et réussir en fonction d’une contrainte de temps. Ce que va engendrer cette avancée technique va nous amener à réfléchir sur l’idée que nous nous faisions de la vie et de sa symbolique.

Addiction

« On est passé d’un demi-siècle de l’écran-spectacle à l’écran- communication, de l’écran-un au tout-écran, voici l’époque de l’écran global. L’écran en tout lieu et à tout moment »

Gilles Lipovetsky est un essayiste et professeur de français agrégé en philosophie. Nous parlons du dernier chapitre de son livre ; Tous les écrans du monde. Cette partie propose une description de la nouvelle « écranocratie ». L’écranocratie est l’omniprésence de l’écran dans la société. Les écrans seraient devenus des objets indispensables à notre vie, qui semble nous diriger, pire nous dominer.

Gilles_Lipovetsky_by_Cedric-Audinot

(Image trouvée sur : http://cedricaudinot.com/portfolio/serie-de-portraits/)

Datant de 2007, cet ouvrage décrypte assez bien nos rapports addictifs aux écrans. « L’homme d’aujourd’hui et de demain, relié en permanence par son mobile et son ordinateur à l’ensemble des écrans, est au cœur d’un réseau dont l’extension marque les actes de sa vie quotidienne ». Continuer la lecture de Addiction

Le média est le message

mcluhan-5301Herbert Marshall McLuhan est né en  1911 et mort en 1980 c’est un professeur de littérature anglaise et théoricien de la communication. En 1967, il a étudié le rapport qui s’établit entre le contenu et le canal.

Selon McLuhan, le moyen de transmission par lequel nous recevons le message, c’est a dire journaux, tv, radio… est plus important que le contenu lui-même. Notre façon de percevoir les messages est transformée par les médias. Nos sens : le goût, le toucher, l’ouïe, l’odorat et la vue, réagissent différemment selon le média. Les médias sont des extensions de nous-même, la tv est une extension de notre système nerveux, les documents écris sont une extension de l’oeil… Il dénonce également que l’avancé technologique à eu un impact énorme sur la civilisation, nous pouvons le comparer à internet et à l’arrivée au transhumanisme.