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Rire, tendresse, burlesque : un cocktail réussi du court-métrage

Capture d’écran 2016-02-12 à 13.58.41Les BCCN avaient rendez-vous à Clermont Ferrand du lundi 8 au mercredi 10 février pour le festival du court-métrage. Une cinquantaine de séances de 5 à 6 court-méatrges (ce qui équivaut à environ 1h30) est diffusée chaque jour du samedi 6 au dimanche 14 février 2016. Toutes les salles de cinéma de la ville sont convoitées, même les amphithéâtres de facultés sont réquisitionnés. Les thèmes varient,allant du polar aux compétitions internationales et nationales, en passant par les films réalisés par l’école de cinéma de la Femis, sans oublier les séance pour enfants.

A cet égard, j’ai consacré ma dernière séance au programme Enfants. L’un des court-métrages reteint mon attention : The Tie. C’est l’histoire d’un girafeau qui rencontre une girafe et qui, malgré leur différence de taille, parviendra à rejoindre son ainé par différents moyens. Tout en poésie, le réalisateur belge An Vrombaut choisit de nous faire comprendre son récit grâce aux images, de nous souffler des émotions par la musique et les bruitages. Récit narratif classique (scène d’exposition, élément perturbateur, résolution), l’histoire nous est montrée par une succession de plans moyens, incluant parfois des plans d’ensemble et des gros plans. Les couleurs chatoyantes ont su séduire les yeux du spectateur, captivé par une histoire peu commune destinée certes aux enfants, mais également aux plus grands qui recouvre un confort d’antan.

Egalement tient place un court-métrage de la Femis réalisé par Emilie Noblet, Trucs de gosse. Celui-ci relate l’histoire d’une étudiante dénommée Julie, qui travaille en tant qu’agent d’accueil dans un cinéma parisien. Son existence prendra un tournant à la connaissance de Matthieu, la dernière recrue. Un scénario qui n’a rien de novateur certes, mais des plans montés de manière à ce que les images touchent la sensibilité du spectateur. L’histoire suit une trame narrative classique. Les images sont propres et nettes, le son est dégagé mais cependant parfois incompréhensible du fait d’une articulation pas assez prononcée. Néanmoins, cette histoire réaliste et surprenante de part les dialogue faisant appel à l’humour, ses couleurs vives donnent du baume au coeur. La plupart des court-métrages des séances de compétition nationale traitent des sujets sociaux, relatant les difficultés que chacun peu connaitre, au thème plus triste et sombre que stimulant et drôle. C’est pourquoi en regardant ce petit chef-d’oeuvre de fin d’étude où le rire est prédominant, nous ne pouvons qu’apprécier et savourer cet instant.

Enfin, le court-métrage du réalisateur australien Yianni Warnock Homebodies ne peut passer à travers les mailles du filet. Dans un pavillon de banlieue, une femme tient une relation virtuelle avec un homme tandis que son époux se glisse dans une baignoire, enguirlandé de la tête aux pieds d’ampoules de noël.  Alors que le scénario traite d’un sujet qui touche la population, le réalisateur arrive à tourner en dérision la situation en faisant appel au comique de répétition et de situation. Les plans moyens se succèdent pour un récif narratif classique. Les dialogues sont courts, le burlesque est omniprésent. Le son est net, les images sont claires. Faire appel au rire est la meilleure façon d’apprécier ce type de court-métrage.

TOP 3 des courts métrages (ce n’est que mon humble avis)

Après avoir longuement parlé du Festival du film, il serait blasphème de ne pas vous parler de mon top 3 à moi.

En 3ème position, Nino de Metal de Pedro Garcia-Meija (cat. I10).

Un court métrage efficace sur un père métalleux qui doit garder son fils après que son ancienne compagne « La vamp » l’amène à son stand de t-Shirt. Esthétiquement beau, un maintien du noir et blanc et un rythme absolument parfait décrivant la gradation de l’action.

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En 2ème position, 365 de Myles Mc Leod (cat. L1)

Un concept innovant et accrochant, une animation d’une seconde par jour pendant un an. Que dire de plus? Vif, drôle et surprenant, les 7minutes de ce court métrage passent à la vitesse grand V. On remarque également que le film est classé en mois, on devine donc des animations en lien avec les dates qu’elles représentent.

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En 1ère position, j’ai choisi The bravest, the boldest, de Moon Molson. (cat. I9)

Une femme se cache des soldats qui l’attendent chez elle, consciente de ce qu’ils vont lui annoncer. Un court métrage plein d’émotions, avec très peu de dialogues, mais qui fonctionne, le jeu de l’actrice est tout bonnement parfait, ses yeux et son expression parlent pour elle et retranscrive une douleur viscérale, celle de la mort de son fils. Le spectateur comprend la situation sans qu’on ait besoin de lui expliqué, cette femme nous fait lire en elle avec son jeu. Très beau court métrage et chapeau bas à Moon Molson.

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Actress Sameerah Luqmaan-Harris in the film "The Bravest, The Boldest"

Dans la liste qui précède, je n’ai pas parlé de mon coup de coeur (probablement parce qu’il a fait beaucoup de bruit et que c’était surement barbant d’en entendre parler à nouveau pour vous). Mais bien évidement, Le dernier des Céfrans de Pierre-Emmanuel Urcun (cat. F9).

Un court métrage drôle et fin. Léger à regarder et pourtant lourd de sens. De très bons acteurs (que nous avons eu la chance de rencontrer pour leur poser des questions; bon ok on leur a couru après…) qui savent faire entrer le spectateur dans un univers qui pourrait lui être inconnu. Les dialogues sont très bien écrits et font beaucoup rire avec spontanéité.

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Enfin voilà, je le redis, mais allez faire ce festival, c’est plein de surprises!

A bon entendeur, salut!

Mes coups de coeur du Festival du Film de Clermont Ferrand

1- « LOOP RING SHOP DRINK » de Nicolas Ménard

« LOOP RING SHOP DRINK »

Un excellent film d’animation avec des personnages typés, du suicide, de la violence et un peu d’amour.

 

2- « The Nostalgist », par Giacomo Cimini

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Coup de coeur SF du festival, The Nostalgist raconte une histoire touchante entre un père et son fils, mais on s’apercoit très vite que ce dernier n’est pas vraiment ce que l’on pense…

3- « A Ciambra « , de Jonas Carpignano

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Un court métrage sur les relations fraternelles. Très puissant.