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L’ère numérique nous définit-elle ?

Lorsque que la vidéo prend le pas sur la vie réelle, finissant pas nous conditionner nous éloignant ainsi de notre humanité et de notre liberté. C’est ce que nous illustre le film de Cronenberg, Vidéodrome, sorti en 1983. Brian O’Blivion, personnage central du récit, théoricien des médias ne communique plus que par le biais de la vidéo.

Brian accepte une interview télévisée, à la seule condition qu’il soit montré dans un télévision. On comprend rapidement que le professeur O’Blivion s’est inspiré d’un chercheur connu : Marshall McLuhan. C’est un théoricien Candien travaillant sur les médias de masse. Il est perçu comme un visionnaire. Il a prédit l’apparition de la « galaxie Marconi », ou l’ère numérique, près de 35 ans avant son apparition réelle. Cette ère numérique serait introduite par la radio, la TV et la cybernétique reposant sur un message global et simplifié.

McLuhan cherche avant tout à forger de nouveaux outils de réflexion car, pour lui, ce passage d’une ère industrielle à une ère médiatique doit nécessairement se penser à l’aide de nouveaux modèles théoriques car l’enjeu est majeur ; rien de moins que déjouer cet adage que McLuhan considère essentiel mais dangereux : « nous devenons ce que nous regardons ».

Je n’ai donc qu’une seule question : L’ère numérique nous définit-elle ?

Télévision ou Télémouton ?

A notre époque, l’information est la base du pouvoir politique et économique : c’est l’enjeu principal.

Ceux qui contrôlent l’information contrôlent ceux qui la lisent. Or, en 2015, l’information passe par la télé, les journaux, la radio et surtout, internet. Il faut savoir qu’il y a 96% des foyers français qui possèdent un poste de télévision en 2014, et 61% de la population française possède un smartphone en 2015 (donc un accès a internet), soit environ 36 millions de français. Tous ces outils technologiques qui permettent de partager l’information sont appeler médias de masse car ils permettent de passer un message à un nombre extrêmement large de la population.

Les médias de masse permettent : la communication de masse ; donc d’instaurer une culture de masse. La culture de masse permet à celui qui contrôle l’information d’influencer la façon de penser d’une population. En France on peut citer les journaux officiels tel que TF1, France 2 et France 3, cette liste n’étant pas exhaustive.

On sait maintenant que les grandes chaines de communication de l’information sont subventionnées par des sociétés très puissantes dans le monde (n’oublions pas que celui qui contrôle l’information à le pouvoir) tel que Bouygues, Total, Lagardère, Monsanto, Nestlé, etc.
Voici un schéma montrant les sociétés qui contrôlent les médias français, ça fait froid dans le dos… carte-du-parti-de-la-presse-et-de-l-argent

Bourdieu a écris un livre intitulé Sur la Télévision, dans lequel il démontre que les émissions télévisées sont structurées de façon à censurer les informations. Tel événement important sera montré comme ordinaire et tel événement ordinaire sera montré comme extra-ordinaire.

Le téléspectateur, ainsi que le lecteur pour les journaux, doit se faire sa propre idée sur l’information. Il est de son devoir de trier les sources en faisant des recherches par lui-même afin d’avoir sa propre façon de penser, son propre avis et non celui que les médias de masse lui donne.

Soyez critique ! Osez les débats en soirée ! N’ayez pas peur d’exprimer votre façon de penser !

Si ça saigne, ça fera la une

Pierre Bourdieu,  sociologue français, écrit en 1996 Sur la télévision . Il explique que la télévision est un dérivé de notre société de masse. Notamment, il démontre que nous subissons une dramatisation volontaire de l’information par les journalistes.

Nous pouvons faire le parallèle avec le film de Dan Gilroy : Night Call sorti fin 2014. Le personnage principal interprété par Jake Gyllenhaal est reporter freelance. Il se déplace dans les rue de Los Angleles à la recherche de scoop pour les vendre aux chaines les plus offrantes.

Night-Call-photo-2-2« si ça saigne, ça fera la une »

Bourdieu appelle ça des faits omnibus. « Ce sont des faits qui, comme on dit, ne doivent choquer personne, qui sont sans enjeu, qui ne divisent pas, qui font le consensus, qui intéressent tout le monde mais sur un mode tel qu’ils ne touchent à rien d’important. »

Il y a beaucoup de concurrence. Dans le film, une directrice d’un chaine TV explique que : « l’audience est bonne quand les victimes sont blanches et que l’accident c’est passé dans un quartier riche »

Bien sûr en France ce n’est pas exactement le même propos. Néanmoins, nous sommes aussi dans une logique industrielle et commerciale de l’information.  Et, dans les deux cas la télévision cache en montrant autre chose, quelque chose de sensationnel.